Paris et Londres avancent sur la part des Etats dans EADS/BAE

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LES ÉTATS AVANCENT SUR LE PLAFONNEMENT DANS LE DOSSIER EADS-BAE
LES ÉTATS AVANCENT SUR LE PLAFONNEMENT DANS LE DOSSIER EADS-BAE

par Tim Hepher et Matthias Blamont

PARIS (Reuters) - La France et le Royaume-Uni ont fait des progrès dans les négociations sur un plafonnement des participations des Etats dans le cadre du projet de fusion entre EADS et BAE Systems, a-t-on appris mardi de sources au fait du dossier.

Tout accord dépendra néanmoins du feu vert de l'Allemagne qui n'est pas acquis, a-t-on précisé de mêmes sources.

EADS a démenti de son côté une information d'une agence de presse allemande évoquant un échec des discussions en vue de ce rapprochement à 35 milliards d'euros. L'information a brièvement fait grimper l'action du groupe européen à la Bourse de Paris, jusqu'à 26,85 euros (+2,3%).

"Nous sommes surpris par les informations en provenance de Berlin. Ce matin seulement, nous avons été informés que la France et le Royaume-Uni avaient fait des progrès sensibles sur une question qui bloquait les discussions ces derniers jours", a déclaré un porte-parole d'EADS dans un courrier électronique.

"Les deux groupes vont discuter de la situation et des futures étapes possibles cet après-midi", a-t-il ajouté.

BAE Systems, pour sa part, n'a pas souhaité faire de commentaire.

Selon un projet de compromis issu de plusieurs journées de discussions, dont les sources se sont fait l'écho, la France serait autorisée à augmenter sa participation mais seulement si un plafond global pour les participations des Etats dans la nouvelle entité était respecté.

"Pour que cela marche, cela impliquerait de rompre le lien entre la future taille potentielle de la participation française et la participation allemande", a expliqué une source diplomatique au fait des discussions.

L'Allemagne a jusqu'à présent insisté sur l'obtention de la parité avec la France, et il est difficile de savoir comment elle réagira à la proposition.

"NOS INTÉRÊTS PATRIMONIAUX"

La France détient 15% d'EADS et souhaite rester au capital de la future entité, dont les activités de défense auront une portée stratégique.

L'Allemagne, qui n'a pas de participation directe dans EADS, veut une part équivalente à celle de la France pour ne pas rester à l'écart des autres grandes puissances.

Quant au Royaume-Uni, il préférerait restreindre le plus possible le rôle des Etats afin de protéger les intérêts de BAE Systems aux Etats-Unis.

La position de la France vise "d'abord à préserver les intérêts de l'Etat actionnaire, nos intérêts patrimoniaux", a expliqué le ministre de l'Economie Pierre Moscovici mardi après-midi.

"EADS est une entreprise dans laquelle nous sommes actionnaires, c'est une originalité et nous voulons la défendre", a-t-il ajouté lors de la séance des questions d'actualité à l'Assemblée nationale.

En vertu de la législation boursière britannique, EADS et BAE ont jusqu'à mercredi à 16h00 GMT pour dévoiler le schéma de fusion retenu ou renoncer à leur projet.

Les deux groupes ont toutefois la possibilité de solliciter un report de cette date limite auprès du régulateur britannique, mais les sources interrogées par Reuters estiment que sans accord politique, leur demande pourrait être refusée.

"Nous connaissons depuis le début cette échéance et l'entreprise (BAE Systems) doit décider aujourd'hui si elle demande un report au régulateur boursier", a déclaré le secrétaire britannique à la Défense Philip Hammond dans la matinée, à son arrivée à Bruxelles pour une réunion des ministres de la Défense de l'Otan.

Avec Gilles Guillaume et Matthieu Protard, Jason Neely à Londres, édité par Dominique Rodriguez

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