Paris et Berlin vers un marché commun de l'emploi aux frontières

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INAUGURATION D'UNE PREMIÈRE AGENCE TRANSFONTALIÈRE POUR L'EMPLOI À KEHL, PRÈS DE STRASBOURG
INAUGURATION D'UNE PREMIÈRE AGENCE TRANSFONTALIÈRE POUR L'EMPLOI À KEHL, PRÈS DE STRASBOURG

STRASBOURG (Reuters) - La France et l'Allemagne ont signé mardi à Strasbourg un "accord de coopération pour le placement des demandeurs d'emplois" qui ouvre la voie à un marché commun de l'emploi dans les régions frontalières.

Le ministre français du travail, Michel Sapin et son homologue allemande, Ursula von der Leyen, ont concrétisé cette démarche en inaugurant à Kehl, ville allemande voisine de Strasbourg, un premier "Service de placement transfrontalier" pour les salariés vivant de part et d'autre du Rhin.

Dans les locaux de l'Agentur für Arbeit (l'Agence pour l'emploi), située à deux pas de la frontière, deux employés allemands et deux agents de Pôle emploi travailleront côte à côte pour orienter des chômeurs majoritairement français vers des emplois majoritairement allemands.

Selon les statistiques données par les deux pays, 53.000 Alsaciens et Lorrains travaillent dans les Länder allemands voisins de Sarre, de Rhénanie-Palatinat et du Bade-Wurtemberg, tandis que seulement 1.500 Allemands franchissent quotidiennement la frontière dans l'autre sens.

Le taux de chômage était de 7,4% en Allemagne au mois de janvier quand il atteignait 10,3% en France au 3e trimestre 2012, 9,9% pour la France métropolitaine.

La comparaison est encore plus cruelle si l'on compare la situation de quasi-plein emploi du Bade-Wurtemberg - 4,3% de chômeurs - avec celle de l'Alsace, sa voisine, dont le taux de chômage monte à 8,9% en dépit du travail frontalier.

"C'est une corde supplémentaire à notre arc et la preuve d'un engagement total en faveur de l'emploi", a souligné Michel Sapin à propos de l'accord.

Le ministre s'est en revanche refusé à commenter les déséquilibres qui affectent le marché de l'emploi de part et d'autre du Rhin.

"C'est un seul et même espace de vie. On trouve des emplois d'un côté, on trouve de la formation de l'autre. Ça peut changer demain, ça peut évoluer. Il faut de la mobilité. C'est cette mobilité qui est normale entre deux pays comme les nôtres et qui doit être mise en ?uvre", a-t-il dit à la presse.

Ursula von der Leyen s'est portée à sa rescousse.

"Il y a dix ans, l'Allemagne était ?l'homme malade de l'Europe'", a-t-elle rappelé.

"On a appris beaucoup pour le chômage des jeunes - 8% en Allemagne contre 24% en France - mais je connais beaucoup de femmes allemandes qui disent qu'elles aimeraient habiter en France", a ajouté cette mère de sept enfants, ancien ministre de la famille, en vantant la politique familiale du pays voisin.

L'accord signé entre les deux Etats avait été annoncé le 22 janvier à Berlin lors du sommet franco-allemand marquant le cinquantième anniversaire du Traité de l'Elysée.

Il entend développer une coopération qui existe depuis une vingtaine d'années sur le terrain entre les acteurs du marché de l'emploi, sous l'impulsion, notamment, de l'Union européenne.

Gilbert Reilhac, édité par Sophie Louet

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