Paris et Berlin refusent leur garantie au marché des ABS-document

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12 septembre (Reuters) - L'Allemagne et la France ne sont pas prêtes à donner une garantie publique au marché des titres adossés à des actifs (ABS) que la Banque centrale européenne souhaite développer, montre un document de travail dont Reuters a eu connaissance. La BCE a annoncé la semaine dernière un projet de rachat d'ABS dans le cadre d'un programme plus large d'achats ciblés d'actifs destinés à stimuler le crédit et l'activité au sein d'une zone euro dont l'économie à l'arrêt est menacée de déflation. Le document de travail franco-allemand, daté du 29 août et transmis aux participants à la réunion des ministre des finances de l'UE (Ecofin) de ce week-end à Milan, apporte un large soutien aux projets de la BCE de régénérer le marché des ABS mais souligne qu'il ne doit pas être subventionné par les Etats. Si la position franco-allemande n'empêchera par la BCE de poursuivre ses projets, elle entravera ses efforts pour faire croître un marché des ABS de taille limitée. Présentant le projet lors de sa conférence de presse du 4 septembre, le président de la BCE Mario Draghi avait appelé les gouvernements européens à soutenir l'initiative par des garanties publiques, déclarant : "Il est assez clair que nous achèterions directement des ABS, les tranches senior, et les tranches mezzanines seulement si elles sont garanties." Le document franco-allemand propose que la réglementation européenne posent les principes d'une "titrisation de haute qualité" qui permettrait de distinguer le marché européen de celui des Etats-Unis où les pratiques de titrisation des crédits immobiliers avaient été à l'origine de l'éclatement de la crise financière de 2008. "Définir une titrisation (d'actifs) de haute qualité dans la réglementation européenne et lui permettre de bénéficier d'un traitement réglementaire différencié favoriserait sans aucun doute le développement du marché de la titrisation", est-il écrit dans ce document. "Une telle réglementation...ne serait toutefois pas une panacée et ne serait pas suffisante à elle seule pour faire décoller le marché." Les auteurs du document n'en rejettent pas mois l'idée d'une garantie publique estimant qu'elle fausserait le marché en rendant les titres artificiellement bon marché. Un document différent préparé par les ministères des Finances français et allemand, daté du 9 septembre, s'en tient à appeler à une "revitalisation du marché de la titrisation dans l'UE grâce à la titrisation (d'actifs) de haute qualité". (Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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  • abacchia le vendredi 12 sept 2014 à 18:42

    Toujours l'augmentation exponentielle de crédit ! C'est comme en France, on augmente les impôts mais on ne baisse pas la dépense... Dans le cas de ces "garanties", il est seulement recherché la possibilité d'émettre de + en + de dette en augmentant seulement le nombre de garants ! Tu m'étonnes que l'Allemagne refuse...