Paris et Berlin promettent de tout faire pour protéger l'euro

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FRANCE ET ALLEMAGNE DÉTERMINÉES À PROTÉGER LA ZONE EURO À TOUT PRIX
FRANCE ET ALLEMAGNE DÉTERMINÉES À PROTÉGER LA ZONE EURO À TOUT PRIX

PARIS (Reuters) - François Hollande et Angela Merkel se sont déclarés vendredi déterminés à "tout faire" pour protéger l'intégrité de la zone euro sur fond d'informations faisant état d'un plan préparé par la BCE et les pays membres de la monnaie unique pour limiter l'envolée des taux d'intérêt de l'Espagne et de l'Italie.

Le président français et la chancelière allemande, qui se sont entretenus par téléphone, se sont dits "fondamentalement attachés à l'intégrité de la zone euro".

La France et l'Allemagne "sont déterminées à tout faire pour la protéger", lit-on dans un communiqué où les deux dirigeants "réaffirment la nécessité d'une mise en ?uvre rapide des conclusions du Conseil européen des 28 et 29 juin derniers".

"Les Etats membres, comme les institutions européennes, chacun selon ses prérogatives, doivent remplir leurs obligations à cette fin", poursuit le texte.

Selon Le Monde de vendredi, qui cite des "sources" non identifiées, la Banque centrale européenne (BCE) prépare une action concertée avec les Etats membres de la zone euro.

Prié de réagir à ces informations, le ministère français de l'Economie s'est refusé vendredi à tout commentaire.

Le président de l'Institut de Francfort, Mario Draghi, avait envoyé un signal fort mardi en déclarant que la BCE était prête, dans le cadre de son mandat, à faire tout son possible pour assurer la pérennité de l'euro, évoquant notamment des mesures pour faire baisser les coûts de financement de certains Etats.

L'envolée des coûts de financement de certains pays de la zone euro peut entrer dans le cadre du mandat de la BCE si elle freine la transmission de la politique monétaire à l'économie, avait-il dit à Londres.

"Dans le cadre de notre mandat (...), la BCE est prête à faire tout ce qu'il faudra pour préserver l'euro", avait-il expliqué. "Et croyez-moi, ce sera suffisant."

Selon Le Monde, le plan en préparation prévoit d'impliquer les pays membres de la zone euro pour démontrer aux marchés que la BCE n'agit pas seule pour sauver la monnaie unique.

MOSCOVICI CONFIANT DANS LA BCE

Dans un premier temps, le Fonds européen de stabilité financière (FESF), ou son successeur à partir de septembre, le Mécanisme européen de stabilité (MES), achèteraient de la dette émise par Madrid ou Rome, sur le marché primaire pour leur permettre de se financer à un coût raisonnable.

Lorsque cette action sera menée, la BCE relancerait son programme de rachat d'obligations sur le marché secondaire et les contraintes budgétaires de l'Espagne seraient allégées.

Ce serait le prix à payer pour que l'Espagne fasse appel à l'aide des fonds européens, ce qu'elle a toujours refusé jusqu'à présent pour éviter d'être mise sous tutelle.

La BCE avait déjà procédé en 2011 à des rachats de dettes souveraines sur le marché, ce qui avait détendu les taux italiens, mais elle estime indispensable cette fois de travailler avec les Etats membres pour éviter que cela soit interprété comme un signal de laxisme.

Dans un second temps, le MES obtiendrait une licence bancaire pour bénéficier de la garantie de la BCE, ce qui, souligne Le Monde, implique de convaincre l'Allemagne.

"Même s'il faudra encore quelques jours, voire quelques semaines, pour finaliser le dispositif en question, la BCE préparerait une opération concertée avec les Etats susceptible de limiter l'envolée des taux d'intérêt de l'Espagne, mais aussi de l'Italie", écrit Le Monde à partir de Bruxelles.

Le ministre français des Finances, Pierre Moscovici, a exprimé vendredi sa confiance dans l'action de la BCE pour faire baisser les taux d'emprunt de l'Espagne et de l'Italie.

"Je fais confiance à Monsieur Draghi pour faire justement ce qu'il faut, c'est-à-dire pour faire en sorte que sur les marchés il puisse y avoir un apaisement et qu'il y ait une détente sur les taux d'intérêt de l'Espagne, de l'Italie", a-t-il dit sur France 2.

Le ministre des Finances avait souhaité jeudi que les dispositifs d'intervention européens sur les marchés adoptés par les dirigeants de l'UE en juin dernier ne restent pas "lettre morte" face à la crise des dettes souveraines.

Yves Clarisse et Julien Ponthus

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