Paris et Berlin en ligne sur le commerce transatlantique

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    * Une tribune commune des secrétaires d'Etat 
    * Pour un accord "ambitieux, équilibré et mutuellement 
bénéfique" 
    * Des garanties pour l'accès aux marchés publics 
 
    PARIS, 22 avril (Reuters) - La France et l'Allemagne ont 
harmonisé vendredi leurs positions sur le contenu d'un éventuel 
accord de libre-échange entre l'Union européenne et les 
Etats-Unis (Tafta), qui devra selon eux permettre une réelle 
ouverture du marché américain. 
    Le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Matthias Fekl, a 
dit mardi à Reuters que la France bloquerait les négociations si 
des progrès significatifs ne sont pas réalisés dans les mois qui 
viennent, l'objectif affiché de Bruxelles et de Washington étant 
de parvenir à un accord avant la fin de l'année, lorsque Barack 
Obama quittera la Maison Blanche.   
    La conclusion d'un accord considéré par la gauche de la 
gauche comme un risque pour l'agriculture française et un cheval 
de Troie pour les OGM et le boeuf aux hormones américains est 
politiquement délicate en France à un an de la présidentielle. 
    La menace française, évoquée la semaine dernière par 
François Hollande lui-même, est brandie alors que s'ouvre la 
semaine prochaine à New York le 13e round d'une négociation qui 
suscite aussi beaucoup d'inquiétude en Allemagne, mais dont 
Angela Merkel souhaite la conclusion rapide. 
    Matthias Fekl et son homologue allemand Matthias Machnig ont 
publié vendredi les "positions communes" des deux pays avant 
cette échéance, une manière de présenter un front uni. 
    "La France et l'Allemagne soutiennent la conclusion d'un 
accord de libre-échange avec les États-Unis qui soit ambitieux, 
équilibré et mutuellement bénéfique", peut-on y lire. 
    "Si nous voulons un accord ambitieux et équilibré, les 
questions autres que les droits de douane sont essentielles", 
ajoutent les deux secrétaires d'Etat. 
     
    PAS DE BOEUF AUX HORMONES 
    "Ces questions incluent, entre autres, la convergence 
réglementaire, des engagements significatifs sur les marchés 
publics, les services, les indications géographiques et la 
suppression des obstacles non-tarifaires inutiles, en 
particulier dans les secteurs industriels et agroalimentaires." 
    Pour la France et l'Allemagne, l'accès des entreprises 
européennes à tous les marchés publics américains, et pas 
seulement au niveau fédéral, est crucial. 
    Dans le domaine agricole, les deux pays souhaitent un 
"résultat significatif en ce qui concerne les indications 
géographiques, y compris l'élimination de l'usage qui est fait 
aux États-Unis des semi-génériques pour les appellations de vins 
européens". 
    Les négociateurs européens estiment avoir réglé les points 
qui étaient jugés les plus négatifs pour l'UE et soulignent, 
pour illustrer leurs dires, que la Chambre américaine de 
commerce et les candidats aux primaires présidentielles 
américaines sont critiques envers le projet. 
    Les normes, par exemple au niveau environnemental, seront au 
moins équivalentes à celles de l'UE et tout ce qui est déjà 
interdit de commercialisation dans l'Union européenne, comme le 
boeuf américain aux hormones ou certains OGM, le restera. 
    Rien n'obligera à privatiser les services publics et le 
mécanisme de règlement des différends imaginé au début de la 
négociation a été totalement modifié devant les craintes 
exprimées, notamment en France et en Allemagne. 
    Si, à l'origine, les tribunaux américains et européens 
devaient être dépossédés de leur pouvoir en faveur d'un 
arbitrage privé, il est désormais envisagé que des juges des 
deux parties siègent dans une cour d'arbitrage permanente. 
     
 
 (Yves Clarisse, édité par Yann Le Guernigou) 
 
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