Paris élude la nationalisation de Florange, Mittal investira

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ARCELORMITTAL VA INVESTIR À FLORANGE
ARCELORMITTAL VA INVESTIR À FLORANGE

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a annoncé vendredi soir un accord avec ArcelorMittal sur l'avenir de Florange, évitant ainsi d'avoir à mettre à exécution sa menace de nationalisation du site mosellan.

Le Premier ministre a lui-même annoncé que le géant de l'acier avait accepté d'investir 180 millions d'euros sur cinq ans dans la partie transformation de l'acier de Florange et de ne pas fermer ses deux hauts-fourneaux comme il en avait l'intention.

"Il n'y aura pas de plan social à Florange", a assuré le Premier ministre.

L'Elysée a fait savoir de son côté que l'Etat serait vigilant sur l'application de l'accord, conclu à l'issue d'un bras de fer de plusieurs jours avec le groupe dirigé par Lakshmi Mittal.

"Les moyens de pression ne disparaissent pas avec l'annonce d'aujourd'hui. S'il (Mittal) se comportait comme un homme qui ne respecte pas sa parole, il y a des moyens de pression", a-t-on déclaré dans l'entourage du chef de l'Etat.

Jean-Marc Ayrault a souligné que le gouvernement n'avait pas retenu l'hypothèse d'une "nationalisation transitoire" du site, "au vu des engagements qu'il a obtenus d'ArcelorMittal".

Brandie à l'origine par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, cette menace de nationalisation a été confirmée par la suite par le gouvernement.

Le Premier ministre a toutefois reconnu vendredi soir que cette solution n'était pas efficace "face à un problème de débouchés pour une entreprise ou face à un problème de compétitivité", comme c'est le cas pour les hauts-fourneaux de Florange.

EN ATTENDANT ULCOS

En officialisant leur arrêt le 1er octobre, avec à la clé 639 suppressions d'emplois, ArcelorMittal, avait laissé deux mois au gouvernement pour trouver un investisseur pour la "phase à chaud" du site.

Faute de repreneur pour cette seule activité jugée non rentable dans le contexte actuel de forte baisse du marché de l'acier, le gouvernement voulait obtenir de Mittal la cession de l'intégralité du site, dont la stratégique "phase à froid" que le groupe entend conserver.

L'accord présenté vendredi ne prévoit pas de redémarrage des hauts-fourneaux de Florange, les derniers de la région Lorraine, mais de les maintenir dans un état qui permette de lancer à terme le projet Ulcos, une technologie qui permet la production d'acier plus écologique grâce à un captage du CO2 rejeté.

Ce projet doit néanmoins recevoir l'aval de la Commission européenne et il n'y a donc pas de garantie à ce stade que Florange accueille ce projet industriel.

Jean-Marc Ayrault a indiqué que l'Etat, qui avait déjà réservé 150 millions d'euros pour le projet, était prêt à investir davantage.

FO, syndicat minoritaire chez ArcelorMittal, a exprimé sa satisfaction. "On nous donne le projet Ulcos, ce qui permet de faire couler l'acier lorrain et de pérenniser le site pour quinze ou vingt ans", a dit Walter Broccoli, responsable du syndicat à Florange.

"Si on reprend les objectifs qu'on s'était fixés au début de ce combat, on les a tous atteints", ajoute-t-il en énumérant les investissements sur la filière à froid, le maintien de l'emploi et la préservation des hauts-fourneaux.

Julien Ponthus, Yann Le Guernigou, Marc Joanny et Gilbert Reilhac, édité par Marc Angrand

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