Paris dévoile une nouvelle trajectoire pour ses comptes publics

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PARIS DÉVOILE UNE NOUVELLE TRAJECTOIRE POUR SES COMPTES PUBLICS
PARIS DÉVOILE UNE NOUVELLE TRAJECTOIRE POUR SES COMPTES PUBLICS

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français vise un déficit public 2015 et 2016 moins élevé qu'il ne le prévoyait auparavant et une croissance économique moins dynamique en 2016 et 2017, dans sa nouvelle trajectoire des finances publiques dévoilée mercredi.

Ses nouvelles cibles de déficit pour 2015, 2016 et 2017 sont plus ambitieuses que celles figurant dans la recommandation faite à la France par la Commission européenne le mois dernier, grâce au résultat finalement plus favorable que prévu de 2014.

Le déficit public, qui comprend les comptes de l'Etat, des collectivités locales et des administrations de sécurité sociale, devrait ainsi passer, selon le gouvernement, de 4,0% du PIB fin 2014, un résultat annoncé le mois dernier, à 3,8% fin 2015, 3,3% fin 2016 et 2,7% fin 2017.

La précédente trajectoire votée en décembre par le Parlement prévoyait un déficit ramené de 4,4% en 2014 à 4,1% en 2015, 3,6% en 2016 et 2,7% en 2017.

En accordant à la France un nouveau délai de deux ans pour revenir sous la limite européenne de 3%, la Commission européenne lui a dans le même temps demandé de ramener son déficit à 4,0% fin 2015, 3,4% fin 2016 et 2,8% fin 2017.

Comme il l'avait annoncé, le gouvernement a confirmé mercredi sa prévision d'une croissance économique de 1,0% cette année. Mais il a abaissé ses prévisions pour 2016 et 2017, à 1,5% et 1,5% contre 1,7% et 1,9% dans son précédent scénario.

"Les hypothèses de croissance et d'inflation se veulent prudentes", a-t-on expliqué dans l'entourage du ministre des Finances, Michel Sapin.

Le ministère des Finances a précisé qu'il ne dirait que mercredi prochain comment il compte réaliser l'effort supplémentaire de 3 à 4 milliards d'euros de redressement de ses comptes cette année demandé par la Commission européenne.

L'EFFORT STRUCTUREL PRÉSENTÉ MERCREDI PROCHAIN

De la même façon, l'ampleur de son effort "structurel" -- une notion qui vise à gommer l'impact de la conjoncture -- pour 2016 et 2017 ne sera dévoilée que mercredi 15 avril.

Le secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert, a annoncé mardi que l'effort visé par la France pour ces deux années serait inférieur aux recommandations de la Commission.

"La Commission nous demande un effort structurel à mon avis surdimensionné : 0,8-0,9 (point de PIB) en 2016 et 2017", a-t-il dit, sans confirmer l'hypothèse que la France pourrait s'aligner sur l'exigence minimale des textes européens, soit 0,5 point.

"Nous proposerons un programme de stabilité avec une trajectoire qui continue à faire baisser significativement le déficit nominal mais qui s'appuie sur des éléments qui gardent une croissance qui permettra assez rapidement, je l'espère, de retrouver de la création nette d'emplois", a-t-il ajouté.

Le programme de stabilité et le programme de réformes de la France doivent être présentés à la Commission d'ici fin avril.

La dette publique atteindrait selon la nouvelle trajectoire 96,3% du PIB fin 2015, culminerait à 97,0% fin 2016 et reviendrait à 96,9% fin 2017.

Le nouveau scénario macroéconomique du gouvernement prend acte du net ralentissement de l'inflation, avec une stagnation des prix cette année contre 0,9% prévu auparavant et une accélération à 1,0% en 2016 et 1,4% en 2017.

Il table sur une accélération de la consommation des ménages à 1,5% par an de 2015 à 2017 et un rebond de l'investissement des entreprises de 1,2% cette année et de 4,6% en 2016, à la faveur de la reprise de la demande et des dispositifs de soutien annoncés mercredi.

Le taux de marge des entreprises continuerait de progresser à 30,8% cette année contre 29,5% l'an dernier, puis 31,1% en 2016 et 31,3% en 2017.

L'emploi salarié privé devrait selon le gouvernement stagner cette année, puis progresser de 0,5% en 2016 et en 2017.

(avec Yann Le Guernigou)

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  • b.renie le jeudi 9 avr 2015 à 06:07

    croissance qui permettra assez rapidement, je l'espère, de retrouver de la création nette d'emplois", a-t-il ajouté. CROISONS LES DOIGTS Mais de toute façon on ne parle pas de réduction des dépenses publiques qui seule peut permettre une réduction du prélèvement obligatoire c'est à dire une réduction d'impôt; Cela passe par la réforme de l'organisation politico administrative du pays qui est actuellement une vraie usine à gaz.

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