Paris : des bassins d'eau non potable reconvertis en squares et logements

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Le maintien et la refonte du réseau construit sous Haussmann, constitué d'une dizaine de réservoirs, doivent être votés au Conseil de Paris. Une partie du projet prévoit la construction de logements et l'aménagement d'espaces verts.

Des appartements et des espaces verts édifiés en lieu et place de réservoirs d'eau? C'est l'option à laquelle réfléchit très sérieusement la Mairie de Paris, alors que la demande de logements explose dans la capitale.

Trois bassins, situés à Grenelle (XVe), Auteuil et Passy (XVIe), sont concernés par cette opération d'urbanisme inédite. «L'idée serait par exemple de créer des logements, dédiés notamment aux étudiants, un square de proximité et quelques équipements publics comme une crèche ou une halte-garderie à la place du bassin de Grenelle, dont l'emprise au sol s'élève à 3240 m²», détaille-t-on au cabinet d'Anne Hidalgo, l'adjointe au maire en charge de l'urbanisme.

QG de la Gestapo

Plus vaste, les deux autres sites retenus sont aussi plus complexes à reconvertir. «Il faudra tenir compte du caractère patrimonial et historique des lieux», confie-t-on dans l'entourage d'Anne Hidalgo. Le bassin d'Auteuil abrite en effet une belle structure métallique. Celui de Passy fut l'un des QG de la Gestapo. Ici, les sous-sols pourraient être conservés en partie tandis que quelques logements et des espaces verts viendraient s'implanter au-dessus. «Ce qui est sûr, c'est qu'il n'y aura pas de tours, rassure le cabinet de l'adjointe. L'objectif est de s'adapter à la morphologie de chaque site. De toute façon, pour l'instant, on est encore très en amont dans la réflexion.»

Car ce projet fait en réalité partie d'un programme bien plus large: celui du maintien et de la reconfiguration du réseau d'eau non potable, qui doit être acté ce lundi au Conseil de Paris. Conçu sous Haussmann, intégrant 1700 km de canalisations en plus d'une dizaine de réservoirs, alimenté par l'eau grossièrement traitée du canal de l'Ourcq et de la Seine, ce réseau était en sursis depuis les années 1980. «Après plusieurs expertises, on est arrivé à la conclusion que l'abandonner obligerait à nettoyer tous les trottoirs et les égouts, à arroser l'ensemble des espaces verts et à remplir les lacs des bois de Vincennes et de Boulogne avec de l'eau potable», détaille Anne Le Strat, adjointe au maire en charge de l'eau et de l'assainissement. Pas franchement écologique, c'est sûr. Surtout, le démantèlement du réseau coûterait la bagatelle de 50 à 60 millions d'euros. Impensable en pleine crise économique.

Certes, la rénovation nécessitera tout de même un investissement de 8 millions d'euros. Mais cette modernisation devrait permettre de récupérer du foncier en plus d'optimiser l'arrosage des parcs et jardins. Actuellement, cette opération nécessite le recours à près de 75% d'eau potable. «C'est quand même un comble d'utiliser de l'eau chlorée sur les plantes», s'agace Anne Le Strat. En outre, de nouveaux usages pourraient être développés: récupérer l'eau de pluie, renaturaliser la capitale en y implantant des petits «ruisseaux urbains» ou rafraîchir la ville, comme à Tokyo, en arrosant la chaussée lors de pics de chaleur. Une piste à ne pas négliger: en 2003, lors de la canicule, Paris avait affiché 8° de plus que la banlieue...

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