Paris demande une réunion du Conseil de sécurité sur Alep

le , mis à jour à 16:05
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    * Allégations d'exactions commises par le régime 
    * Moscou prend le risque d'être complice, dit Ayrault 
    * Ni le régime ni Moscou ne gagneront cette guerre-diplomate 
 
 (actualisé avec demande de réunion) 
    par John Irish et Marine Pennetier 
    PARIS, 13 décembre (Reuters) - La France a réclamé mardi la 
tenue d'une réunion du Conseil de sécurité de l'Onu pour évoquer 
les exactions qui auraient été commises à Alep, la deuxième 
ville de Syrie, par les forces de Bachar al Assad et de ses 
alliés, engagées dans une opération de reconquête des quartiers 
tenus par les rebelles.  
    A l'heure où les forces du régime tentent de venir à bout de 
la dernière poche de résistance à Alep-Est, le Haut Commissariat 
de l'Onu aux droits de l'homme a fait état de 82 exécutions 
sommaires imputées à l'armée et aux milices qui lui prêtent main 
forte dans les quartiers repris aux insurgés.  
    "Face aux allégations d'exactions à Alep, la France demande 
une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies", écrit le 
chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault sur son compte 
Twitter.  
    Dans la matinée, il avait appelé les Nations unies à 
utiliser "sans délai" tous les mécanismes qui permettraient de 
faire la lumière "sur les souffrances infligées aux populations 
civiles". 
    Pour Jean-Marc Ayrault, les soutiens du régime, "à commencer 
par la Russie, ne peuvent pas laisser faire et admettre cette 
logique de vengeance et de terreur systématique sans prendre le 
risque d'en être complices". 
    A l'image de la dizaine de pays occidentaux et arabes réunis 
samedi à Paris, la France apparaît démunie face à l'opération de 
reconquête en cours des quartiers-est de la ville par les forces 
de Bachar al Assad, appuyées par leurs alliés russe et iranien, 
poussant à la fuite des milliers de civils.  
    
    LETTRE MORTE 
    Depuis la reprise des bombardements mi-septembre des 
quartiers tenus par les rebelles par les aviations russe et 
syrienne, la communauté internationale a tenté, en vain, de 
convaincre les alliés du régime - Russie et Iran - d'user de 
leur influence pour mettre en place un cessez-le-feu immédiat. 
    Des appels jusqu'à présent restés lettre morte. Pour la 
sixième fois depuis le début du conflit en Syrie en 2011, la 
Russie a mis son veto le 5 décembre dernier à une résolution du 
Conseil de sécurité des Nations unies. Le texte demandait 
notamment l'arrêt des bombardements sur les quartiers est 
d'Alep, pour permettre l'acheminement d'aide humanitaire.  
    Malgré ce blocage à l'Onu, la France entend maintenir "la 
pression sur le régime et ses soutiens", a souligné une source 
diplomatique, pointant une "contradiction russe". 
    "On ne peut pas être dans une stratégie à la Grozny, raser 
tout le pays, et réclamer en même temps des négociations 
politiques", poursuit cette source.  
    "Le régime syrien ne gagnera pas cette guerre, les Russes ne 
gagneront pas cette guerre. Il ne faut pas penser qu'une fois la 
Syrie utile reconquise, tout va reprendre comme avant, les 
fleurs vont repousser, l'Union européenne va payer la 
reconstruction et on tournera la page du conflit syrien."  
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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  • delapor4 il y a 11 mois

    Ayrault parle en criminel endurci et ment comme un arracheur de dents. Pauvre Occident qui nage dans le sang qu'il répand. Je crains que la punition soit terrible.

  • Berg690 il y a 11 mois

    Sergueï Lavrov a une autre explication. Il a assuré que les rebelles syriens avaient recours « aux menaces, au chantage et à la force » pour bloquer les couloirs et empêcher les habitants de quitter la ville.--« Sortir de la ville était plus dangereux qu’y rester. » Que les cafards ne veuillent pas partir c'est très bien. Ils sortiront les pieds devant!

  • Berg690 il y a 11 mois

    Les Russes auront fait taire leurs armes pendant trois jours, décrétant unilatéralement ce qu’ils ont appelé une « trêve humanitaire ». Elle n’aura toutefois pas permis d’évacuer les 200 blessés et malades identifiés par l’ONU comme nécessitant une hospitalisation à l’extérieur de la ville. Les huit corridors mis en place par l’armée russe n’auront pas non plus incité les habitants à quitter la ville encerclée.

  • M6445098 il y a 11 mois

    pauvre Zayrault, toujours à brasser du vent!

  • charleco il y a 11 mois

    Ayrault veut faire porter à Assad et Poutine la responsabilité des massacres de la population par les terroristes. La coalition anti Assad soutient les terroristes en les qualifiant de "rebelles modérés". Ce sont eux qui décapitent et qui violent femmes et enfants, ce sont eux que la coalition protège. C'est une ignominie.