Paris demande à Alcatel de revoir la copie du plan social

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FRANÇOIS HOLLANDE COMPTE RÉDUIRE LE NOMBRE DE SUPPRESSIONS D'EMPLOIS CHEZ ALCATEL
FRANÇOIS HOLLANDE COMPTE RÉDUIRE LE NOMBRE DE SUPPRESSIONS D'EMPLOIS CHEZ ALCATEL

PARIS (Reuters) - François Hollande et son gouvernement ont appelé mardi la direction d'Alcatel-Lucent à revoir à la baisse l'ampleur des suppressions d'emplois prévues en France dans le cadre d'une restructuration massive du groupe franco-américain.

Ces injonctions interviennent après que l'équipementier télécoms a confirmé une réduction de ses effectifs mondiaux de 10.000 postes, dont environ 900 en France avec à la clé la fermeture de plusieurs sites.

"Il faudra voir comment on peut réduire, autant qu'il est possible, (...) l'ampleur des suppressions d'emplois", a déclaré le président français en marge d'un déplacement à Saint-Etienne.

François Hollande a estimé qu'Alcatel n'avait pas fait les bons choix industriels dans le passé et qu'il fallait maintenant que le processus d'adaptation du groupe prenne fin.

Arnaud Montebourg avait dénoncé quelques heures auparavant le caractère "excessif" du volet français du plan de restructuration, relayant la méfiance de Jean-Marc Ayrault vis-à-vis des promesses du patron du groupe, Michel Combes.

"Nous avons reçu le président d'Alcatel, nous lui avons dit que la première des choses était que le plan social qui fait payer à la France de façon excessive le tribut, la cotisation à la restructuration mondiale d'Alcatel, est excessif", a dit le ministre du Redressement productif lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.

Arnaud Montebourg a reconnu que l'entreprise était "menacée dans son existence" mais jugé qu'il était possible de réduire l'impact social de sa restructuration en France grâce à un compromis "entre les intérêts de la survie de l'entreprise et les intérêts de la France".

LE MEDEF MET L'ÉTAT EN GARDE

Le Premier ministre a quant à lui prévenu Alcatel que le gouvernement ne prendrait pas "pour argent comptant" les assurances données par son directeur général, Michel Combes.

"Nous en sommes au sixième plan et on prétend que c'est le dernier, donc le gouvernement sera particulièrement attentif pour que ce qui nous est dit soit la vérité, donc nous allons procéder à des vérifications", a dit Jean-Marc Ayrault lors d'une conférence de presse à Matignon.

"Ce groupe a reçu, comme d'autres, des aides publiques très importantes et donc il a aussi des devoirs", vis-à-vis des salariés et des territoires qui accueillent les sites du groupe, a souligné Jean-Marc Ayrault.

Le président du Medef, Pierre Gattaz, a toutefois mis en garde contre une intervention de l'Etat.

"Si on empêche Alcatel de s'adapter assez vite, parce qu'il faut le faire vite, eh bien je crois qu'on va encore pousser un gros tas de sable et on aura des catastrophes dans un ou deux ans", a-t-il dit sur BFMTV. "Dans un secteur aussi difficile et technologique que les télécoms, si vous empêcher les entreprises de s'adapter, vous mourrez dans deux trois ans."

Alcatel-Lucent, dont le siège est situé en France, emploie 8.300 personnes dans le pays.

Les sites de Toulouse et de Rennes, qui ont des effectifs de respectivement 100 et 120 personnes, devraient être fermés rapidement.

Trois autres implantations du groupe à Eu (Seine-Maritime), Ormes (Loiret) et Orvault (Loire-Atlantique) ont vocation à être cédées d'ici 2015.

Julien Ponthus, Elizabeth Pineau et Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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  • dhote le mardi 8 oct 2013 à 19:29

    Des propos inconséquents et irresponsables...