Paris défend la visite de patrons français en Iran

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PARIS DÉFEND LA VISITE DE PATRONS FRANÇAIS EN IRAN
PARIS DÉFEND LA VISITE DE PATRONS FRANÇAIS EN IRAN

DUBAI/PARIS (Reuters) - La visite en début de semaine à Téhéran de 150 hommes affaires français, critiquée par le secrétaire d'Etat américain John Kerry, respecte les engagements internationaux de la France, ont déclaré jeudi les autorités françaises pour rassurer Washington.

Le chef de la diplomatie américaine a appelé son homologue français Laurent Fabius pour lui dire qu'il jugeait malvenue cette initiative du Medef, l'organisation patronale française, car elle pourrait laisser croire à une normalisation entre la communauté internationale et Téhéran, ce qui n'est pas le cas.

Aux termes d'un accord provisoire conclu en novembre entre Téhéran et le groupe P5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu plus l'Allemagne), l'Iran a accepté de réduire son programme nucléaire en échange d'un assouplissement des sanctions. Un accord définitif doit maintenant être conclu.

"A propos de cette délégation commerciale, le secrétaire Kerry a déclaré au ministre des Affaires étrangères Fabius que c'était quelque chose de malvenu parce qu'en fait il n'y a pas de normalisation" avec Téhéran, a déclaré mardi lors d'une audition au Congrès américain Wendy Sherman, sous-secrétaire d'Etat aux affaires politiques.

"L'Iran ne peut être considéré comme un marché ouvert parce que l'allègement des sanctions est tout à fait provisoire, tout à fait limité et tout à fait ciblé", a-t-elle ajouté.

Le ministère français des Affaires étrangères a souligné mercredi que le Medef avait mené cette visite "à titre exploratoire et dans le respect des engagements internationaux de la France".

"UN PARI SUR L'AVENIR"

Le président du Medef, Pierre Gattaz, a déclaré pour sa part que la délégation était "totalement au fait de ce cadre sensible, extrêmement sensible sur l'Iran".

"Nous avons parfaitement respecté la convention de Genève de novembre dernier, nous connaissons ce cadre. Il y a d'autres délégations de pays européens qui ont été en Iran", a-t-il dit à des journalistes.

Pour Pierre Moscovici, ministre français de l'Economie, l'initiative du Medef doit être interprétée comme "un pari sur l'avenir".

"Si un jour l'Iran changeait d'attitude, alors il y aurait on le sait des opportunités économiques et commerciales importantes pour l'ensemble des pays", a-t-il dit à des journalistes en marge du Salon des entrepreneurs, à Paris.

Cette visite, "c'est de dire au fond 'Remplissez vos obligations et si un jour c'est le cas, les choses se passeront bien'. Il ne faut pas prendre cela comme un signe de laxisme, de consentement, mais comme un pari sur l'avenir qui repose à la fois sur la fermeté et aussi sur la négociation", a-t-il expliqué.

Au cours de ce déplacement, du 2 au 5 février, les dirigeants d'entreprise français ont rencontré Mohammad Nahavandian, directeur de cabinet du président Hassan Rohani, et des membres de la Chambre de commerce iranienne, rapporte l'agence de presse iranienne Irna.

Etaient notamment représentées les compagnies Safran, Airbus, Total, GDF-Suez, Renault, Alcatel, Alstom et L'Oréal.

Yara Bayoumy à Dubaï,; Guy Kerivel, Yann Le Guernigou, Emmanuel Jarry et Sophie Louet pour le service français, édité par Yves Clarisse

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  • pbasso1 le mercredi 5 fév 2014 à 17:11

    Dans le meme genre, qui s'attache a ses restrictions vis a vis de l'Iran, Netanyahou faisait référence au non respect des résolutions de l'ONU de la part de l'Iran....On croit rêver quand on entend cela, parce-qu’en Israël en ce qui les concerne EUX,les résolutions de l'ONU ils s'en tapent et depuis des décennies. Alors....deux poids deux mesures....Meuh non bien sur...enfin...voyons...

  • pbasso1 le mercredi 5 fév 2014 à 17:04

    Ca doit sans doute inquiéter les yankee que les "business man" français aillent en Iran sans demander la permission aux US. Y aurait-il de l’émancipation dans l'air venant de l'Europe? IT'S ABOUT TIME....