Paris:déchainement de volatilité, la BCE va t'elle trop fort

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(CercleFinance.com) - C'est vertigineux, étourdissant : 230Pts de volatilité entre le plus haut du jour (4.580 vers 15H) et le plancher (4.350 en clôture), c'est un record annuel de baisse en 2 heures 30 de cotations (-5,2%% en ligne de droite et -1,7% au final).

C'est scénario sans précédent: il n'existe aucune 'mèche' haute de +150Pts sur un top moyen terme (après +17% repris depuis le 12 février) sur les 20 dernières années.

Même schéma technique sur l'Euro-Stoxx50 qui a fusé de 3.050 vers 3.128 avant de plonger de -158Pts vers 2.970 (-1,5% au final).

Le CAC40 était passé en quelques secondes de 4.450 à 4.550 (+100Pts sans échanges entre 14H45 et 14H47) puis affichait +155Pts à 4.580 (soit +3,2%)... puis -145Pts à 4.445Pts, puis +60 à 4.505, puis -155 dans la foulée à 4.350.

Le tout dans un volume de 6MdsE ou on se demande qui a pu échapper au 'bull trap' au-dessus des 4.480 puis 4.550, tant les 'robots' n'ont pas laissé le choix aux hésitants de la matinée: à un moment, il a bien fallu payer et le communiqué de la BCE ne semblait pas laisser d'autre choix.

En ce qui concerne la BCE n'est plus un coup de bazooka, elle a dégainé l'arme nucléaire et l'exprime clairement: son action pourrait se détourner des mesures classiques d'assouplissement des taux pour se focaliser sur les 'mesures non conventionnelles'.

Qu'est-ce que cela recouvre ?

Des initiatives de 'stimulation de l'économie' expérimentales et pour lesquelles les banques centrales ne peuvent que formuler l'espoir que cela fonctionne, faute d'un 'track record' (syndrome de l'apprenti sorcier ?).

Concrètement, la BCE abaisse comme prévu le taux de prises en pension de -10Pts à -0,40% et réduit le taux directeur de 0,05% à zéro.3% sur le CAC40 et l'Euro-Stoxx50 dont +100Pts en 5 minutes vers 4.560Pts (+17% en 1 mois) sans aucun volume alors que la BCE abaisse comme prévu le taux de prises en pension de -10Pts à -0,40% et réduite le taux directeur de 0,05% à zéro.

Serais-ce le premier pas vers des taux négatifs ? Mario Draghi affirme que les taux ne devraient plus baisser pour l'instant... mais vont rester très bas très longtemps (techniquement jusqu'en mars 2021).

La BCE procède également à l'accroissement du volume du 'QE' (de +33% pour un passage de 60 à 80MdsE/mois) et le risque d'assèchement du marché obligataire -c'est même une certitude puisque la baisse du taux directeur va rendre les rendements encore plus négatifs sur une large palette de dettes souveraines- sera contourné par le rachat de dettes d'entreprises très bien notées.

Mario Draghi abaisse les objectifs de croissance de l'Eurozone et surtout celle d'inflation de 1% à 0,1% en 2016, de 1,8% à 1,3% en 2017 et l'objectif ne dépasse pas 1,6% pour 2018.

Ni la baisse des taux, ni les 'QE' ne fonctionnent au Japon, mais il prétend que sans 'QE', la déflation aurait été catastrophique en Europe.

Avec l'annonce de la mise en oeuvre de 4 TLTRO au cours des 4 prochains trimestres -à des taux potentiellement équivalent au taux de prises en pension qui affichent -0,4%-, les banques vont pouvoir verrouiller de l'argent gratuit jusqu'en 2021 (le montant pourrait avoisiner les 1.250MdsE).

'La barre avait été placée haut pour que la BCE dépasse les attentes du marché', a de son côté rappelé Natixis, dont les équipes soulignent que, 'cette fois, l'institution a pris une longueur d'avance en lançant un ensemble de mesures'.

'Une baisse trop importante du taux de dépôt pourrait lui ôter une possibilité d'assouplir encore sa politique monétaire dans les prochains mois', avait de son côté tempéré Aurel BGC ce matin, tandis qu'Edmond de Rotschild n'avait pas exclu l'hypothèse que la BCE fasse preuve d'imagination.

Du côté des indicateurs, on notera que le Département américain du Travail a comptabilisé 259.000 nouveaux inscrits hebdomadaires au chômage lors de la semaine close le 5 mars, soit 18.000 de moins qu'au précédent pointage (chiffre révisé de 278.000). Les économistes étaient pour leur part beaucoup moins optimistes, tablant sur un recul modeste autour de 275.000 en moyenne.

Wall Street a complètement inversé la vapeur, passant de +0,5% à -0,7% en moyenne (-0,62% pour le Dow Jones et le 'S&P', -0,78% pour le Nasdaq ce soir).

S'agissant des valeurs, les financières résistent car elles vont bénéficier d'un tsunami de liquidités qui leur sont tout spécialement destinées : Victor Constancio -bras droit de Mario Draghi- affirme que la politique poursuivie avait pour effet de faire grimper la valeur des dettes souveraines et permettre d'engranger d'importantes plus values.

BNP Paribas puis Société Générale et Crédit Agricole avancent de respectivement de +0,8%... et la foncière Klépierre prend le 'lead' avec +1,3%, Unibail s'impose avec +2%.

Carrefour (-6,5%) accuse en revanche la plus forte baisse de l'indice phare après ses comptes annuels, néanmoins conformes aux attentes. Le géant de la distribution a en outre annoncé qu'il réalisera des investissements totaux compris entre 2,5 et 2,6 milliards d'euros cette année, tout en aspirant à garder une attention constante sur la génération de cash flow libre et à maintenir sa notation 'BBB+'.

Toujours Lanterne rouge du SBF 120, Lagardère décroche pour sa part 13,3% après la publication d'un bénéfice opérationnel 'médias' 2015 inférieur à la prévision moyenne des analystes.

A contrario, Rubis (+4%) et Iliad (+3,44%) dominent l'indice SBF120 à la faveur de bons résultats annuels.

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