Paris d'accord pour répartir les demandeurs d'asile dans l'UE

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PARIS POUR UNE RÉPARTITION DES DEMANDEURS D'ASILE DANS L'UE
PARIS POUR UNE RÉPARTITION DES DEMANDEURS D'ASILE DANS L'UE

PARIS (Reuters) - La France s'est déclarée mercredi favorable à une répartition "plus équitable" des demandeurs d'asile entre les pays de l'Union européenne mais refuse l'idée de "quotas".

Cette communication des ministres des Affaires étrangères et de l'Intérieur, Laurent Fabius et Bernard Cazeneuve, au conseil des ministres met un terme à une série de déclarations, notamment du Premier ministre, qui ont entretenu la confusion.

La semaine dernière, Bernard Cazeneuve avait approuvé les idées de la Commission européenne qui a présenté le 13 mai les grandes lignes d'une proposition de répartition des demandeurs d'asile entre les Etats membres de l'UE.

Mais l'ancien président Nicolas Sarkozy et, à sa suite, Manuel Valls, ont rejeté l'idée de "quotas de migrants" alors qu'il ne s'agit ni d'immigration ni de quotas dans les suggestions faites par Bruxelles.

"Je suis contre l'instauration de quotas de migrants. Ceci n'a jamais correspondu aux propositions françaises", a dit le Premier ministre samedi à Menton (Alpes-Maritimes). "En revanche, l'Europe doit avoir une politique de l'asile."

La communication présentée mercredi en conseil des ministres clarifie la position française et permet à la Commission de faire valoir que le front du refus de ses propositions, emmené par le Royaume-Uni, est plus faible qu'il ne serait avec Paris.

"Sur la proposition de mettre en place un mécanisme temporaire de répartition dans l'Union européenne des demandeurs d'asile ayant un besoin manifeste de protection (...) la France est pleinement favorable à ce que ces

personnes -et uniquement celles-là- puissent être, de manière temporaire et selon des paramètres à discuter de manière approfondie, réparties plus équitablement", peut-on y lire.

RECONDUITE À LA FRONTIÈRE

Le gouvernement juge inacceptable que cinq États -Italie, Royaume-Uni, Allemagne, France et Suède- fournissent 75 % de l'effort total des Vingt-Huit en matière de demande d'asile.

"En revanche, la France est et restera opposée à toute idée de quotas en matière de demande d'asile, la demande d'asile étant un droit, attribué à partir de critères objectifs et ne pouvant faire l'objet d'un contingentement", poursuit cette communication, en rejetant aussi les quotas d'immigrés illégaux.

Ces derniers "doivent, dès leur entrée sur le territoire de l'Union, faire l'objet de procédures de reconduite vers leurs pays d'origine", concluent Laurent Fabius et Bernard Cazeneuve.

La France a fourni des moyens pour la surveillance des côtes d'Afrique du Nord, veut une résolution onusienne pour neutraliser ou rendre hors d'usage les navires des "passeurs" et prône des gardes-frontières, l'ensemble de ces propositions devant être étudiées lors du Conseil européen du 25 juin.

A Strasbourg, la Commission européenne a critiqué mercredi les pays qui demandent de sauver les migrants en Méditerranée mais refusent de les accueillir.

Frans Timmermanns, son premier vice-président, a précisé devant le Parlement européen que son mécanisme de "relocalisation temporaire" des demandeurs d'asile serait présenté en détails la semaine prochaine.

RÉPARTIR 20.000 DEMANDEURS D'ASILE

La Commission avait évoqué mercredi dernier le nombre de 20.000 demandeurs d'asile à répartir au sein des Etats membres pour les deux prochaines années.

"Il n'est pas acceptable de dire aux quatre coins de l'Union européenne 'arrêtez les noyades', tout en disant 'mais qu'ils ne viennent pas chez nous'", a déclaré Frans Timmermanns en affichant sa volonté de lutter contre l'immigration illégale.

"Trop souvent dans nos pays, ceux qui méritent l'asile parce qu'ils fuient la guerre, la persécution, sont perçus comme des profiteurs parce que nous n'avons pas su de manière efficace renvoyer chez elles les personnes qui ne méritaient pas l'asile."

Le commissaire européen chargé des migrations, Dimitris Avramopoulos, a annoncé la mise à disposition des Etats membres de 15 millions d'euros pour soutenir l'accueil des réfugiés.

"Notre voisinage immédiat est en feu", a-t-il souligné en rappelant que 620.000 personnes avaient demandé l'asile dans un pays de l'Union européenne en 2014 et que plus de 80.000 migrants avaient déjà atteint ses côtes cette année.

La délégation socialiste française au sein du Parlement européen, tout comme l'ensemble de la gauche mais aussi les libéraux-démocrates et le Parti populaire européen, groupe de centre-droit dont l'UMP est membre, ont aussi apporté leur soutien au projet de la Commission.

(Yves Clarisse, avec Elizabeth Pineau à Paris et Gilbert Reilhac à Strasbourg, édité par Chine Labbé)

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  • M940878 le mercredi 20 mai 2015 à 15:12

    non merci , plus d'Africains

  • zeisuke le mercredi 20 mai 2015 à 14:51

    mais quelle blague et vous allez les emprisonner dans les pays ?certain pays laisseront les portes des centres grandes ouvertes et ils viendront dans les pays plus généreux!!!