Paris, Berlin contre l'élargissement du rôle de l'Otan contre l'EI

le
0
    BRUXELLES, 18 mai (Reuters) - La France et l'Allemagne ne 
sont pas favorables au projet américain visant à approfondir 
l'implication de l'Otan dans la lutte contre l'organisation Etat 
islamique en Irak et en Syrie, a-t-on appris de source 
diplomatique. 
    Ce projet devrait être officiellement dévoilé jeudi prochain 
lorsque le président américain, Donald Trump, participera à son 
premier sommet de l'Otan, à Bruxelles.  
    Selon une source diplomatique, Paris et Berlin ont exprimé 
des réticences, redoutant que les forces de l'Alliance 
atlantique se retrouvent dans la même situation qu'en 
Afghanistan, que le projet soit trop coûteux, qu'il attise le 
ressentiment de certaines nations arabes et qu'il provoque une 
confrontation avec la Russie. 
    "Ils n'y sont pas favorables", a résumé un haut responsable 
de l'Otan qui ajoute que d'autres pays, comme la Grèce ou 
l'Italie, ne sont pas non plus enthousiastes. 
    "Ils veulent comprendre l'intérêt de ce plan. Les 28 membres 
de l'Otan contribuent déjà", a ajouté le diplomate évoquant la 
coalition de 68 pays conduite par les Etats-Unis et dans 
laquelle figurent tous les pays membres de l'Otan. 
    Aucun responsable français ou allemand n'a accepté de 
commenter ces propos, mais la chancelière allemande n'a pas 
fermé la porte à une intégration de l'Otan, en tant 
qu'institution, à la coalition qui lutte contre l'EI en Syrie et 
en Irak. 
    Le président français, Emmanuel Macron doit rencontrer son 
homologue américain Donald Trump la semaine prochaine à 
Bruxelles en marge du sommet de l'Otan. 
    Des responsables américains estiment quant à eux que l'Otan 
pourrait s'impliquer en tant qu'institution afin de fournir des 
équipements, des compétences et l'expertise acquises lorsqu'elle 
a combattu Al Qaïda et les taliban en Afghanistan. Selon le 
général Petr Pavel, qui préside le comité militaire de l'OTAN, 
les principaux chefs militaires de l'Alliance y sont favorables. 
    De source diplomatique, on explique que cela impliquerait 
que l'Otan utilise en Syrie ses dispositifs de surveillance 
aérienne, dirige des opérations ou encore contribue au 
ravitaillement en vol. 
    Un compromis pourrait se dessiner en autorisant l'Otan à 
rejoindre la coalition dès la semaine prochaine tout en 
repoussant les modalités de son implication à une date 
ultérieure. 
    "Si les alliés peuvent être convaincus qu'il ne s'agit que 
d'une étape symbolique, un accord est possible", a dit une autre 
source diplomatique. "Trump rentrera chez lui avec le message 
selon lequel l'Otan a rejoint la coalition tandis que l'Alliance 
atlantique n'a pas à s'impliquer davantage, pour l'instant, du 
moins." 
 
 (Robin Emmott, Nicolas Delame pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant