Paris: attente fébrile d'un shoot monétaire qui résout tout.

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(CercleFinance.com) - le CAC40 ne cède que -0,86% (à 4.404) et préserve aisément les 4.400Pts, faute de véritable pression vendeuse comme en témoigne le volume presque ridicule de 3,3MdsE malgré plusieurs mouvement indiciels de plus de 1,5% d'amplitude entre 9H et 14H45, puis un -50Pts suivi de +20Pts entre 15H et 17H30.

La baisse du pétrole (-3%) ce soir) aurait pu peser plus sévèrement sur les places européennes (-0,65%): le repli a été limité grâce à la résilience de Wall Street où le repli des indices s'étage entre -0,25% (Dow Jones) et -0,55% (sur le S&P500 et le Nasdaq).

Les places européennes et le CAC40 ont été parcourus ce mardi de mouvements tout aussi insolites qu'inexpliqués: après une glissade initiale de -1,5% entre 9H et 10H suite aux mauvais chiffres chinois, puis une aggravation très graduelle du repli à -1,85% vers 11H30 (test des 4.363Pts), une envolée inattendue et brutale de +50Pts est survenue.

Elle a été suivie de 2 répliques haussières successives de +20Pts en quelques minutes qui ont ramené l'indice pratiquement à l'équilibre vers 4.437 pour des raisons échappant totalement à 99,9% des observateurs.

Tout le nécessaire semble fait pour que le CAC40 se maintienne au-dessus des 4.400Pts à une séance et demi de la prestation de Mario Draghi devant la presse, alors que les attentes des marchés sont à la hauteur des 15% repris en 3 semaines, c'est à dire 'énormes'.

'Selon une récente enquête menée par Bloomberg, 98% des économistes interrogés s'attendent à une action de la part de la BCE cette semaine, 100% prévoient une baisse supplémentaire du taux de dépôt (de -20Pts vers -0,5% sinon ce serait jugé trop timide) et 73% tablent sur un renforcement du programme de rachats d'actifs', relaie pour sa part Saxo Banque.

Ainsi les investisseurs anticipent-ils 'un véritable coup de bazooka monétaire, comme ce fut le cas en janvier 2015', c'est pourquoi 'Mario Draghi n'aura pas le droit de décevoir'.

Il est assez singulier de constater une telle fébrilité concernant l'ampleur du prochain 'shoot' monétaire alors que personne ne semble se préoccuper de savoir pourquoi les précédents n'ont pas provoqué les monts et merveilles anticipés.

Mais la santé économique du monde réel n'a qu'une importance secondaire: tout ce qui importe est qu'elle reste suffisamment médiocre pour que les banques centrales rajoutent toujours plus de flux.

Du côté des indicateurs, on notera, outre l'absence de données notables outre-Atlantique, la confirmation ce matin par Eurostat de son estimation préliminaire d'une hausse de 0,3% du PIB de l'eurozone au quatrième trimestre de 2015.

Au chapitre des bonnes nouvelles, la production de l'industrie allemande a très nettement rebondi en janvier 2016, de +3,3% en rythme séquentiel contre une prévision moyenne de +0,5% seulement.

'Ces chiffres sont susceptibles de connaitre une correction dans les mois à venir, mais ils laissent penser que l'activité industrielle devrait constituer un pilier majeur de la croissance du PIB allemand au premier trimestre', a commenté Natixis.

Alors que la soudaine remontée en flèche du CAC40 apparaît bien mystérieuse, sa rechute vers 4.400 s'explique assez bien par la corrélation avec le baril de pétrole qui rechute de -3% vers 36,9$ (contre 38,3 au plus haut ce midi... ce qui n'avait pas empêché le CAC40 de fléchir jusque vers 4.365Pts).

Sur le front des valeurs, le CAC40 subit l'impact du repli de Peugeot (-3,4%) et Renault (-4,4% en moyenne) et de Technip (-3,9%).

Arcelor termine complètement détaché avec un plongeon de -8,5% lié aux chiffres d'activité chinois du jour.

Alstom cède 2% après un abaissement de recommandation des analystes de Morgan Stanley, passés à 'pondérer en ligne' sur la valeur.

Air France-KLM recule de -1,8% alors que le trafic passagers a enregistré en février une hausse de 6,3% avec 6,3 millions de passagers transportés, grâce à un bond de +11,7% sur l'Amérique latine. Ipsen cède -1,6% (et jusqu'à -5% en séance), plombé par un abaissement de recommandation de Barclays.

Le titre Casino recule quant à lui de 1,5% après une nouvelle charge du hedge fund vendeur Muddy Waters qui dénonce les zones d'ombre comptables du groupe.

Latécoère a chuté de -4,9% sur une révision de ses objectifs pour 2016 vu le retard pris par certains grands programmes aéronautiques.

Vicat (+2%) échappe en revanche au mouvement de baisse, le faible flottant du titre amplifiant tout effet de recherche de blocs d'actions.

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