Paris annonce des sanctions après la viande de cheval

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LE GOUVERNEMENT RÉCLAME DAVANTAGE DE TRANSPARENCE DANS LA FILIÈRE VIANDE
LE GOUVERNEMENT RÉCLAME DAVANTAGE DE TRANSPARENCE DANS LA FILIÈRE VIANDE

PARIS (Reuters) - François Hollande a annoncé lundi "des sanctions" après la découverte de viande de cheval dans des préparations au boeuf distribuées dans plusieurs pays européens qui a conduit des enseignes à retirer des rayons les plats surgelés concernés.

Une réunion de crise est prévue ce lundi à Bercy en présence des ministres de l'Agriculture Stéphane Le Foll, de la Consommation Benoît Hamon et de l'Agroalimentaire, Guillaume Garot, avec des représentants de la filière viande.

L'enquête menée en France par la Répression des fraudes (DGCCRF) a mis en lumière un circuit complexe de commercialisation de cette viande et ses agents ont effectué lundi des inspections sur plusieurs sites en France.

La branche britannique de l'entreprise de produits surgelés Findus a entamé le rappel de ses lasagnes de boeuf la semaine dernière sur le conseil de son fournisseur français, Comigel, qui affirme que la viande douteuse vient de Roumanie.

Mais le Premier ministre roumain Victor Ponta a assuré lundi qu'aucune fraude n'avait été commise dans son pays et s'est dit irrité par les accusations lancées à l'encontre de la Roumanie.

Lors d'un déplacement en banlieue parisienne, le président français a pour sa part souligné le "double devoir de transparence et de responsabilité" de l'Etat.

"Des enquêtes vont être diligentées dans un délai très court et mercredi nous en saurons encore davantage", a-t-il dit.

"Il y a eu des manquements visiblement, des profits, des comportements inadmissibles, des sanctions devront être prononcées : sanctions administratives, sanctions pénales si le dossier le justifie", a-t-il poursuivi.

PLAINTE CONTRE X

Findus, marque dont certains produits contenaient de la viande de cheval, se fournissait auprès d'une usine luxembourgeoise du groupe français Comigel, qui se fournissait elle-même auprès de Spanghero, filiale du groupe Pujol.

De source proche du dossier, on apprend que les inspecteurs de la DGCCRF ont procédé à des inspections dans les installations de Spanghero, dans le sud de la France, et de Comigel, à Metz.

Ce groupe a acquis de la viande surgelée via un négociant chypriote qui avait sous-traité la commande à un trader situé aux Pays-Bas, ce dernier s'étant fourni auprès d'un abattoir et d'un atelier de découpe en Roumanie.

Dans un communiqué, la société Spanghero assure "qu'elle exerce son activité dans le strict respect des réglementations européenne et française" et qu'elle n'a pas d'activité d'achat, de revente ou de transformation de produits à base de cheval.

"Spanghero collabore étroitement avec les autorités dans le cadre de l'enquête dont les résultats seront connus dans les prochains jours", indique-t-elle, précisant avoir reçu la visite d'agents de la DGCCRF dès vendredi dernier. Spanghero a décidé de porter plainte contre X pour tromperie.

TRANSPARENCE

Invité sur Europe 1, le président de l'Association nationale des industries alimentaires (Ania) a réfuté toute remise en cause de la traçabilité des produits alimentaires, estimant avoir été victime d'une fraude.

L'industrie a été victime de la "tromperie" d'un fournisseur mais n'est pas responsable de la crise, a déclaré Jean-René Buisson. "Nous avons un problème de tromperie, il ne faut pas mélanger les problèmes avec le contrôle de la filière qui reste le meilleur du monde."

Findus France, qui estime avoir été trompée, a annoncé dimanche qu'elle porterait plainte contre X lundi.

Quant à la confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs (CFBCT), elle a annoncé qu'elle boycotterait la réunion prévue lundi à Bercy, estimant qu'elle n'était pas concernée par le scandale.

Le nombre d'intermédiaires est tellement important qu'il est difficile de maîtriser la traçabilité du produit, a estimé lundi le ministre de l'Agriculture.

"Il faut sortir de ce brouillard", a dit Stéphane Le Foll sur RTL. "On pourra toujours revendiquer une traçabilité, fixer des règles où chacun est responsable de l'application de la règle, mais si le système est à ce point brouillé, si le brouillard est tellement épais que plus personne ne s'y retrouve, on finira par avoir de gros problèmes."

Le député José Bové, qui a demandé samedi l'ouverture d'une enquête européenne, a dénoncé lundi une "logique financière".

"Aujourd'hui celui qui fabrique ces plats préparés veut que la matière première lui coûte le moins cher possible donc il s'approvisionne auprès des différents intermédiaires qui lui disent 'nous on vous apporte la marchandise la moins chère possible'", a-t-il dit sur France Info.

Marine Pennetier, avec Elizabeth Pineau à Pierrefitte-sur-Seine, édité par Yves Clarisse

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  • ANOSRA le lundi 11 fév 2013 à 17:10

    Findus doit assumer la responsabilité totale de sa chaîne d'approvisionnement, d'autant plus que des fraudes partielles étaient connues chez les GB depuis 6 mois et il aurait dû avertir ses sous-traitants des risques et assurer lui-même les contrôles intermédiaires pour agir!Trop facile de taper sur la France avec notre Président incompétent qui leur emboite le pas!

  • fifounet le lundi 11 fév 2013 à 14:55

    Heureusement il y a Findus ... les autres marques reperes ou non doivent se sentir protegées.. Tous des traders sans scrupules.. les produits toxiques ne sont pas que financiers.Greve de la faim pour tous !!!

  • M4333993 le lundi 11 fév 2013 à 11:03

    Pour un pro de l'alimentaire comme Findus, ne rien prévoir pour vérifier par échantillonnage (test qui existe depuis la nuit des temps)que c'est la bonne fourniture, faut vraiment arrêter de se fo.tre de notre gue.le ! en tous cas, encore une marque à éviter dans nos assiettes

  • M2280901 le lundi 11 fév 2013 à 11:03

    oui que l'on supprime ces abattoirs Hallal pour commencer car les excréments se mélangent à la viande