"Parfaite coopération" entre Paris et Bangui sur les viols présumés

le , mis à jour à 11:19
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PARIS, 27 mai (Reuters) - La France et la République centrafricaine (RCA) travaillent en "parfaite coopération" dans l'enquête sur les accusations de viols d'enfants portées contre des soldats français déployés en Centrafrique, a rapporté mercredi l'Elysée. Le sujet a été abordé à la présidence française entre François Hollande et la présidente de transition de la RCA, Catherine Samba-Panza. "Les deux chefs d'Etat ont constaté la parfaite coopération entre la justice des deux pays dans la conduite des enquêtes en cours", peut-on lire dans un communiqué. Une enquête préliminaire a été ouverte en juillet 2014 sur des soupçons d'abus sexuels, a révélé le quotidien britannique The Guardian le mois dernier. A la suite de ces révélations, le ministère français de la Défense a confirmé avoir été saisi fin juillet dernier de témoignages d'enfants faisant état d'abus sexuels commis par des militaires français dans le camp de réfugiés de l'aéroport de M'Poko, à Bangui, entre décembre 2013 et juin 2014. Quatorze militaires, selon une source judiciaire, seraient concernés par ces accusations de viols et certains auraient été identifiés. A la demande du ministère de la Justice, l'enquête interne menée par l'armée est en cours de déclassification. Environ 1.700 militaires français sont encore déployés en Centrafrique dans le cadre de l'opération Sangaris en appui des 9.500 hommes de la Minusca. Le parquet de Paris a annoncé le 7 mai l'ouverture d'une information judiciaire contre X sur les soupçons de viols de mineurs par des militaires français. Le chef de l'Etat François Hollande a promis des sanctions "exemplaires" et de se montrer "implacable" si les enquêtes concluaient à la culpabilité de militaires français. La communauté militaire française est "profondément affectée" par ces accusations, a déclaré la semaine dernière le chef d'état-major de l'armée de terre, Jean-Pierre Bosser. "Soit ces affaires sont avérées, auquel cas c'est extrêmement grave parce qu'on touche l'intégrité physique et morale de jeunes enfants", a-t-il dit à l'Association de journalistes de défense. "Si jamais ce n'est pas avéré, c'est aussi grave", a-t-il poursuivi. "Cela veut dire qu'il n'y a pas de présomption d'innocence pour le groupe, pour la communauté militaire, tous nos soldats sont assimilés à des violeurs d'enfants". "C'est très grave pour l'image de l'armée de terre parce que c'est toute une armée qui en prend plein la figure". (Elizabeth Pineau, avec Marine Pennetier, édité par Yves Clarusse)

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  • M7097610 le mercredi 27 mai 2015 à 11:33

    Hollande croit encore aux colonies. Quelle gabegie