Pape Diouf se lance dans la bataille municipale de Marseille

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PAPE DIOUF, EX-PRÉSIDENT DE L'OM, CANDIDAT AUX MUNICIPALES À MARSEILLE
PAPE DIOUF, EX-PRÉSIDENT DE L'OM, CANDIDAT AUX MUNICIPALES À MARSEILLE

par Jean-François Rosnoblet

MARSEILLE (Reuters) - Longtemps courtisé par la gauche, l'ancien président de l'Olympique de Marseille Pape Diouf a finalement choisi de se lancer en solitaire et "hors des partis" dans la bataille municipale de Marseille, dont il entend "changer la donne".

L'homme de 62 ans est conscient que son entrée tardive en lice, sept semaines avant le premier tour du 23 mars, ne joue pas en sa faveur, son programme paraît flou et il ne cite jamais nommément ses compagnons d'aventure.

Mais il ne doute pourtant pas de pouvoir "changer la donne", comme l'indique son slogan de campagne.

"Cette ville souffre d'un vrai désintérêt de la chose publique avec 60 % des gens qui ne votent pas. La première démarche, c'est la restauration de la confiance", a-t-il dit mardi lors d'une conférence de presse.

Dans une ville qu'il décrit "bafouée et moquée", il veut casser les codes usés de la politique "phagocytée par les idéologies" et accusée d'être une "camisole de force".

Pape Diouf préfère prendre la tête d'un "rassemblement qui réponde aux urgences de la ville", se plaçant délibérément hors des partis et demandant à ceux qui le rejoignent de "laisser à la porte des vestiaires toute idée partisane".

Il reconnaît s'être entretenu à l'automne avec le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, puis avec le président de la République François Hollande.

"Les autorités de l'Etat ont voulu connaître mon avis sur la ville, davantage que de me dire la voie à emprunter", dit-il en écho aux sollicitations dont il aurait fait l'objet pour figurer sur la liste de Patrick Mennucci, le candidat PS désigné pour tenter de ravir son siège au maire UMP Jean-Claude Gaudin.

"Je ne suis redevable de rien à personne. Je choisis en fonction de mon libre arbitre, de ma conscience et de mes convictions. J'ai cette liberté d'agir à ma guise."

L'OMBRE DE TAPIE

Soutien de François Hollande lors de la présidentielle, il a repoussé les avances du candidat socialiste, comme celle du Front de gauche, au risque d'affaiblir son camp de coeur.

"Mon objectif n'est pas de l'affaiblir, mais si je dois prendre des voix à gauche ce n'est pas mon problème", dit-il.

Pape Diouf chasse avec la même vigueur l'ombre d'un autre fantôme, Bernard Tapie, ex-président comme lui de l'OM et actuel propriétaire du principal journal de la ville.

"Je sais qu'il m'aime bien et je le trouve fascinant. C'est quelqu'un qui connaît bien Marseille et avec qui on aime discuter et échanger", déclare-il à ceux tentés de voir l'ombre de l'homme d'affaires derrière sa candidature. "Mais Pape Diouf n'est pas quelqu'un à qui on dicte sa conduite."

Les deux hommes partagent au moins la conviction que le club marseillais joue un rôle fédérateur pour la population de la deuxième ville de France.

"L'image du stade Vélodrome, qui a réuni tous les Marseillais, doit nous servir d'exemple. Cette ville peut vivre dans la concorde et absorber toutes ses différences", dit-il.

L'ancien président de l'OM, entre 2005 et 2009, reconnaît volontiers vouloir s'appuyer sur son expérience dans le football pour les besoins de sa campagne.

"L'OM m'a permis de plonger dans la vie publique, mais je ne suis pas dupe. Tous ceux qui m'ont fait confiance à cette époque ne vont pas transformer cette expérience en bulletin de vote."

Sa capacité à fédérer sur son nom les déçus du système reste l'une des clefs de son éventuel succès, au moment où le plus titré des clubs français traverse une nouvelle crise.

L'ancien journaliste prend donc soin de ne pas se fixer d'objectif chiffré, pas plus qu'il ne veut s'enfermer, par avance, dans un "calcul politicien" de deuxième tour.

"Si je ne devais avoir que 3 % des voix mais que cela permette de donner un coup de pied dans la fourmilière, je serais ravi. A l'inverse, si je fais 30 % pour rester dans l'immobilisme, cela ne me conviendrait pas", conclut-il.

Edité par Yves Clarisse

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  • M2723293 le mardi 4 fév 2014 à 14:51

    Ce Monsieur est quelqu'un de bien. Il mérite d'etre écouté. Il fut Manager de Football et les hommes qu'il a eus sous contrat le confirment.