"Panama papers"-Le Premier ministre islandais pour la dissolution

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 (Actualisé avec précisions, contexte) 
    STOCKHOLM, 5 avril (Reuters) - Le Premier ministre 
islandais, Sigmundur Gunnlaugsson, a demandé mardi au président 
de dissoudre le Parlement après le dépôt d'une motion de censure 
liée à la révélation de documents mettant en cause son entourage 
dans l'affaire "Panama papers". 
    Selon ces documents, l'épouse du Premier ministre possède 
une société enregistrée au Panama qui détient des créances sur 
des banques ayant fait faillite et qui ont dû être renflouées 
par l'Etat.  
    Après une réunion avec son Premier ministre, le président 
Olafur Ragnar Grimsson a souhaité consulter les principaux 
partis politiques avant de prendre une décision. 
    "Je n'étais pas prêt à accepter cette demande (de 
dissolution du Parlement) avant d'avoir une discussion avec les 
dirigeants des autres partis concernant leur position", a 
déclaré le président aux journalistes. 
    "Je ne pense pas qu'il soit normal qu'il soit conféré au  
Premier ministre seul (...) l'autorité de dissoudre le Parlement 
sans que la majorité du Parlement soit satisfaite de cette 
décision." 
    Le Premier ministre avait auparavant déclaré sur sa page 
Facebook, dans le cas où il perdrait le soutien des membres de 
la coalition de droite au pouvoir  : "A mon avis, il faut 
dissoudre le Parlement et appeler à de nouvelles élections le 
plus vite possible".     
    Les allégations des "Panama papers" concernant l'Islande 
avaient déjà été évoquées le mois dernier mais la publication 
massive d'informations par une centaine d'organes de presse du 
monde entier depuis dimanche soir a ravivé les critiques à 
l'encontre du Premier ministre.  
    L'opposition a annoncé lundi le dépôt d'une motion de 
censure et plusieurs milliers de personnes ont manifesté devant 
le Parlement à Reykjavik pour demander la démission du chef du 
gouvernement.  
    Sigmundur Gunnlaugsson pourrait être la première victime des 
"Panama papers". Selon lui, les avoirs de son épouse à 
l'étranger sont imposés en Islande. Ses opposants parlent d'un 
conflit d'intérêt. 
    Selon un porte-parole du gouvernement, les créances sur les 
banques ayant fait faillite détenues par la société de l'épouse 
du Premier ministre - dans laquelle il a aussi un temps détenu 
une participation - se montent à plus de 500 millions de 
couronnes islandaises (3,5 millions d'euros). 
    Les principales banques commerciales islandaises ont fait 
faillite au moment de la crise financière mondiale de 2008. 
Beaucoup d'Islandais ont accusé leurs hommes politiques de ne 
pas avoir su gérer l'endettement des banques qui a créé une 
bulle spéculative et plongé le pays dans une grave récession. 
 
 (Ragnhildur Sigurdardottir; Jean-Philippe Lefief et Daniele 
Rouquié pour le service français) 
 
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