"Panama papers"-Cameron publie ses déclarations de revenus

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    * Le Premier ministre publie ses feuilles d'impôts sur six 
ans 
    * La presse s'interroge sur un don de £200.000 reçu de sa 
mère 
    * Cameron crée un groupe de travail sur la fiscalité 
 
 (Actualisé avec un article du Guardian sur le chef des services 
fiscaux §§11-13) 
    par Estelle Shirbon et Paul Sandle 
    LONDRES, 11 avril (Reuters) - Le Premier ministre 
britannique, David Cameron, a publié dimanche ses déclarations 
de revenus des six dernières années pour tenter de répondre une 
fois pour toutes aux questions sur son patrimoine personnel 
soulevées par l'évocation du nom de son père dans les "Panama 
papers".  
    La réticence initiale du chef du gouvernement à admettre 
qu'il avait bénéficié du fonds offshore que possédait son père, 
aujourd'hui décédé, a été critiquée et a suscité des appels à la 
démission.  
    Après quatre déclarations différentes en quatre jours, David 
Cameron a fini par admettre jeudi soir qu'il avait bien détenu 
une participation dans une société créée dans un paradis fiscal 
par son père Ian. Samedi, il a reconnu qu'il aurait dû mieux 
gérer les révélations sur les arrangements fiscaux de sa 
famille.   
    Mais la publication de ses déclarations de revenus sur six 
ans pourrait ne pas suffire à mettre un terme au débat puisque 
les principaux quotidiens dominicaux du pays mettent en avant un 
don de 200.000 livres (248.000 euros) reçu par David Cameron de 
sa mère en 2011, don qui suggère qu'il aurait pu ainsi chercher 
à réduire ses droits de succession.  
    Une source à Downing Street a déclaré que cette 
interprétation était erronée, que le don avait été déclaré au 
fisc et qu'il ne s'agissait que d'un cadeau d'une mère à son 
fils.  
    Le chef du file du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, qui 
avait reproché dans la semaine à David Cameron des explications 
"ambiguës", a déclaré à la BBC que le Premier ministre n'avait 
pas encore répondu à toutes les questions sur les profits 
réalisés grâce au fonds offshore de son père avant 2010, année 
durant laquelle il a cédé ses parts du fonds pour environ 30.000 
livres.  
    Jeudi, David Cameron a expliqué que la création du fonds par 
son père n'était pas motivée par l'évasion fiscale mais par la 
possibilité qu'il offrait d'investir dans des titres libellés en 
dollars. Il a ajouté s'être acquitté de tous les impôts et taxes 
dus sur son propre investissement.  
     
    DÉCLARATION AU PARLEMENT 
    Les documents publiés dimanche, rédigés par le cabinet 
comptable RNS Chartered Accountants, montrent que David Cameron 
a acquitté un impôt de 75.898 livres (94.082 euros) sur un 
revenu de 200.307 livres pour l'année fiscale 2014-2015, la plus 
récente concernée. 
    Cherchant à reprendre l'initiative, David Cameron a 
également annoncé dimanche la création d'un groupe de travail 
pour renforcer la lutte contre le blanchiment d'argent et 
l'évasion fiscale. Co-dirigé par les services fiscaux 
britannique (HRMC) et la National Crime Agency, il sera doté 
d'un budget de départ de dix millions de livres. 
    Selon le journal The Guardian, l'ancien employeur du 
directeur du HRMC, Edward Troup, le cabinet juridique londonien 
Simmons and Simmons, a compté le fonds du père de David Cameron 
parmi ses clients. 
    Le Guardian ne laisse pas entendre qu'Edward Troup ou 
Simmons and Simmons aient commis des actes répréhensibles. Selon 
les services fiscaux, Edward Troup n'a jamais eu d'affaires avec 
le cabinet panaméen Mossack Fonseca d'où est parti la fuite sur 
les Panama papers, ni conseillé aucun des clients du cabinet  
dont les noms sont apparus jusqu'ici.  
    David Cameron a prévu de faire en déclaration sur la 
politique fiscale lundi au Parlement. 
    "Le Royaume-Uni est en première ligne de l'action 
internationale pour lutter plus largement contre le fléau 
mondial de l'évasion et de l'optimisation fiscales", a déclaré 
le Premier ministre britannique dans un communiqué. 
    "Il faut aller plus loin à l'évidence et ce groupe de 
travail apportera le meilleur du savoir-faire britannique pour 
traiter des délits liés aux 'Panama papers'." 
    John McDonnell, responsable des questions financières au 
Labour, a jugé cette initiative inadaptée et appelé à la 
création d'une commission d'enquête. Il a également reproché au 
gouvernement Cameron d'avoir réduit les moyens des services 
fiscaux.  
    Le gouvernement dit avoir récupéré deux milliards de livres 
(2,5 milliards d'euros) liés à la fraude fiscale depuis 2010 
tandis que 700 dossiers liés au Panama font l'objet d'une 
enquête. 
 
 (Danielle Rouquié et Marc Angrand pour le service français) 
 
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