Panama-Des ministres européens refusent toute réaction excessive

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    AMSTERDAM, 23 avril (Reuters) - Un projet de la Commission 
européenne visant à dévoiler les données fiscales et financières 
de grandes entreprises préoccupe un certain nombre de ministres 
européens qui ont adressé samedi une mise en garde contre toute 
réaction excessive près de trois semaines après les révélations 
des "Panama papers". 
    L'exécutif européen a proposé début avril d'améliorer la 
transparence des multinationales, notamment en dévoilant 
publiquement leurs activités dans les paradis fiscaux. 
  
    Les entreprises se sont insurgées contre ce projet qui 
pourrait selon elle nuire à leur réputation et dont le résultat 
pourrait être mal interprété. Elles estiment également que les 
sociétés non-européennes pourraient tirer un avantage 
concurrentiel de cette publicité. 
    "Dans un premier temps, il serait préférable que (les 
données fiscales des entreprises) ne soient transmises qu'aux 
autorités fiscales, pas au public", a déclaré à la presse Edward 
Scicluna, ministre maltais des Finances, avant une réunion avec 
ses homologues à Amsterdam. 
    "Il faut se garder de toute réaction excessive", a-t-il dit, 
soulignant les risques qu'impliquerait une trop grande 
transparence à laquelle seules les entreprises européennes 
seraient assujetties", a-t-il ajouté. 
    Le ministre néerlandais des Finances, Jeroen Dijsselbloem, 
qui dirige la présidence de l'Union jusqu'à juillet, s'est dit 
favorable à la publication d'informations tout en insistant lui 
aussi sur le risque concurrentiel que cela ferait peser pour les 
groupes européens. 
     La Commission européenne (CE) a proposé le 12 avril 
d'obliger les multinationales implantées en Europe à rendre 
publics leurs résultats financiers et le montant des impôts 
qu'elles paient dans l'Union, afin de les dissuader de recourir 
à des montages fiscaux de plus en plus contestés et visant à 
soustraire au fisc une part importante de leurs profits. 
    La proposition de l'exécutif communautaire s'inscrit dans le 
cadre de la campagne européenne contre l'évasion fiscale lancée 
après le scandale des "LuxLeaks", en 2014, des révélations sur 
des accords confidentiels conclus entre des multinationales et 
des Etats membres de l'UE pour réduire leurs impôts. 
    Le projet ne concerne que les entreprises réalisant un 
chiffre d'affaires annuel d'au moins 750 millions d'euros et 
ayant des activités dans l'UE. Les sociétés étrangères à l'UE 
devront publier des données fiscales uniquement si elles ont une 
filiale dans un pays de l'UE. 
 
 (Francesco Guarascio, Nicolas Delame pour le service français) 
 
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