Panahi/Farhadi, champ contrechamp persan

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Farhadi et  Taraneh Allidousti sur le tournage du « Client ».
Farhadi et  Taraneh Allidousti sur le tournage du « Client ».

Les parcours contrastés des réalisateurs, tous deux à l’affiche à Paris, témoignent de l’étonnant terreau cinématographique qu’est l’Iran post-révolutionnaire.

Ils ont tous deux remporté l’Ours d’or au Festival de Berlin, Asghar Farhadi en 2010 pour Une séparation, Jafar Panahi en 2015 pour Taxi Téhéran. Ils s’affichent tous deux sur les murs parisiens, Panahi pour une rétrospective de son œuvre et une exposition de ses photographies à Beaubourg (jusqu’au– novembre), Farhadi pour la sortie du Client, le 9 novembre, film présenté (et couronné de deux prix, interprétation masculine et scénario) à Cannes en mai. Après la mort d’Abbas Kiarostami, le 4 juillet, ces deux cinéastes représentent – bon gré, mal gré – leur pays, l’Iran, dans le paysage cinématographique mondial.

On ne pourrait imaginer deux façons plus différentes de porter cet étendard : Jafar Panahi vit sous la menace de la prison, il s’est vu interdire l’exercice de sa profession pour vingt ans et ses trois derniers longs-métrages ont été réalisés dans la clandestinité ; la République islamique d’Iran a officiellement présenté Le Client à l’Oscar du film en langue étrangère après que le long-métrage de Farhadi eut attiré 1,2 million de spectateurs dans son pays.

Cette opposition entre le proscrit et le notable est aussi un trompe-l’œil. Dans un pays aux règles mouvantes, qui suivent le mouvement de la vie politique, Panahi peut tourner en toute discrétion pour diffuser ses films dans le monde entier pendant que le parcours triomphal de Farhadi est jalonné d’escarmouches avec les autorités et les factions conservatrices. Les contrastes et les points communs entre ce...

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