Pakistan-Opération paramilitaire après l'attentat de Lahore

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    LAHORE, Pakistan, 28 mars (Reuters) - Les autorités 
pakistanaises ont décidé de lancer une opération paramilitaire 
contre les islamistes dans la province du Pendjab après 
l'attentat qui a coûté la vie à 70 personnes participant à des 
célébrations de Pâques dans un jardin public de Lahore dimanche. 
    L'attaque a été revendiquée par les taliban de la faction 
Jamaat-ur-Ahrar, alliés de l'Etat islamique (EI), qui ont 
expliqué avoir visé des chrétiens lors du week-end pascal. 
    Au moins 29 enfants ont été tués dans cet attentat qui s'est 
produit dans la province la plus riche du Pakistan et qui est le 
fief du Premier ministre Nawaz Sharif. 
    Des responsables des services de sécurité et des 
représentants gouvernementaux ont indiqué à Reuters que la 
décision avait été prise de mener une opération d'envergure 
impliquant des unités paramilitaires de Rangers. 
    Ces derniers auraient toute autorité pour mener des 
perquisitions et interroger des suspects comme ils le font à 
Karachi, dans le sud du pays, depuis plus de deux ans. 
    Cette décision, qui n'a pas encore fait l'objet d'une 
annonce officielle, signifie que le gouvernement civil accorde 
des pouvoirs exceptionnels à l'armée afin de combattre les 
islamistes. 
    "Les détails n'ont pas encore été fixés. Il y a quelques 
problèmes légaux à impliquer les Rangers mais l'armée et le 
gouvernement partagent le même point de vue", a commenté un 
responsable des services de sécurité s'exprimant sous le sceau 
de l'anonymat. 
    La décision a été confirmée par un responsable militaire et 
deux responsables gouvernementaux. 
    "Le Premier ministre a ordonné une opération conjointe des 
services de l'antiterrorisme et des Rangers contre les 
terroristes et leurs soutiens dans les zones frontalières du 
Pendjab", a dit un responsable gouvernemental qui a participé à 
la réunion entre Nawaz Sharif et des dirigeants de la province. 
    Cette initiative risque de susciter des critiques après 
celles adressées aux Rangers accusés de violations des droits de 
l'homme et de répression contre l'opposition à Karachi. 
    Le général Asim Bajwa, porte-parole de l'armée, a déclaré 
que les services de renseignement, les militaires et les Rangers 
avaient déjà lancé des opérations au Pendjab après l'attentat de 
dimanche, procédant à l'arrestation de suspects dont le nombre 
n'a pas été précisé et saisissant des armes. 
     
 
 (Mehreen Zahra-Malik et Mubasher Bukhari; Pierre Sérisier pour 
le service français) 
 
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