Pakistan-L'attentat dans un hôpital de Quetta a fait 74 morts

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    par Asad Hashim 
    QUETTA, Pakistan, 9 août (Reuters) - Le Pakistan a commencé 
à enterrer ses morts mardi au lendemain de l'attentat suicide 
qui a fait 74 morts dans un hôpital de Quetta, capitale de la 
province du Balouchistan, selon un nouveau bilan fourni dans la 
matinée. 
    Les magasins, les entreprises, les écoles et les universités 
de Quetta et des environs sont restées fermées, le gouvernement 
ayant annoncé trois jours de deuil. 
    L'attentat de lundi, qui a principalement frappé des avocats 
venus se recueillir autour du corps du président du barreau de 
la province assassiné quelques heures auparavant, a fait un 
nombre de victimes comparable à celui du dimanche de Pâques le 
27 mars dernier à Lahore.   
    Le sol de l'hôpital civil de Quetta était toujours jonché 
mardi des lambeaux de tissus noirs provenant des robes des 
avocats tués dans l'explosion et de morceaux de verre des vitres 
ayant volé en éclat. Des taches de sang était visibles sur les 
murs. 
    Selon le personnel médical, une soixantaine de ceux qui ont 
été tués étaient des avocats qui s'étaient rassemblés autour du 
corps du président du Barreau du Balouchistan, Bilal Anwar Kasi, 
qui venait d'être assassiné. 
    Quatre des plus de 100 personnes blessées lundi, dont deux 
avocats, sont mortes mardi à l'hôpital, ce qui porte le bilan du 
carnage à 74, a déclaré un responsable de l'Hôpital civil de 
Quetta. 
    L'attentat a à la fois été revendiqué par la branche 
pakistanaise des taliban, Jamaat-ur-Ahrar, et par l'Etat 
islamique. Certains spécialistes doutent de l'implication de 
l'EI. 
    Les militants de Jamaat-ur-Ahrar, comme les très nombreux 
islamistes qui ont déclaré la guerre au gouvernement 
pakistanais, considèrent les personnes qui représentent la 
société civile, telles que les avocats, comme faisant partie du 
système qu'ils cherchent à renverser pour établir un strict 
régime islamique. 
    Muhammad Amir Rana, responsable du Pakistan Institute for 
Peace Studies, estime que la revendication du Jamaat-ur-Ahrar, 
qui a fait allégeance à l'EI en 2014 avant de revenir vers les 
taliban, est plus crédible que celle de l'EI.  
    Zahoor Afridi, le policier chargé de l'enquête, va lui aussi 
dans ce sens. La présence de l'EI au Balouchistan "se limite 
principalement aux sympathisants, pas aux bourreaux", dit-il. 
    La nature des liens, s'ils existent, entre le Jamaat et l'EI 
reste à déterminer. La semaine dernière, le Jamaat a été rajouté 
à la liste des organisations terroristes tenue par les 
Etats-unis, ce qui a déclenché un certain nombre de sanctions. 
    Le Balouchistan, région frontalière de l'Afghanistan, a 
aussi été le théâtre d'une série d'attentats suicide et 
d'assassinats visant les Hazaras, des chiites venus 
d'Afghanistan parlant un dialecte persan.  
 
 (Avec Syed Raza Hassan à Karachi et Gul Yusufzai à Quetta; 
Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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