Pakistan-Débat au Parlement sur la demande d'aide de l'Arabie

le
0

(Répétition du titre) ISLAMABAD, 6 avril (Reuters) - Le Parlement pakistanais commencera à débattre ce lundi de l'opportunité de répondre favorablement à une demande d'aide militaire formulée par l'Arabie saoudite dans sa lutte contre les Houthis chiites au Yemen. La requête de Riyad, principale puissance sunnite dans la région du Golfe, place le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif dans une position délicate. Le Pakistan, majoritairement sunnite, est en effet le théâtre de tensions religieuses, des groupes armés s'en prenant à des membres de la minorité chiite, qui représente 20% d'une population de 180 millions. Nawaz Sharif a répété à plusieurs reprises qu'il interviendrait en cas de menace pesant sur "l'intégralité territoriale" de l'Arabie saoudite sans dire plus précisément quelle forme pourrait prendre une telle intervention. Il y a une semaine, un responsable gouvernemental avait dit que le Pakistan, qui compte environ 1,5 million de soldats actifs et de réservistes, allait envoyer des troupes en Arabie saoudite. Mais le ministre de la Défense Khawaja Asif avait ensuite démenti qu'une décision avait été prise. "Le Pakistan cherche comment satisfaire a minima les attentes saoudiennes. Il paraît hautement improbable que le pays fasse partie d'une action d'envergure à l'intérieur du Yemen. Peut-être qu'il renforcera les frontières saoudiennes", a déclaré Arif Rafiq,, chercheur au sein du Middle East Institute. De violents affrontements ont opposé dimanche des combattants houthis appuyés par des éléments de l'armée yéménite qui se sont alliés avec eux et des milices locales dans la ville d'Aden, faisant des dizaines de victimes, ont dit des témoins. ID:nL6N0X208F L'offensive houthie sur Aden, dernier bastion des partisans du président Abd-Rabbou Mansour Hadi, se poursuit malgré les frappes aériennes de la coalition conduite par l'Arabie saoudite. Nawaz Sharif est redevable à l'Arabie saoudite. Non seulement le pays l'a accueilli lorsqu'il a été renversé par un coup d'Etat militaire en 1999, mais en plus Riyad a injecté l'an dernier 1,5 milliard de dollars dans une économie pakistanaise qui menaçait d'imploser. Mais, en plus d'une exacerbation des tensions religieuses à l'intérieur du pays, il craint également, en cas de participation à la coalition militaire, une crispation avec l'Iran, la principale puissance chiite dans la région avec laquelle le Pakistan partage une longue frontière. L'opinion publique pakistanaise semble de son côté largement opposée à une participation à toute opération au Yemen sous commandement saoudien. (Katharine Houreld, Benoît Van Overstraeten pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant