Pacte-Valls somme les branches d'activités de négocier

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* Installation d'un Comité de suivi des aides aux entreprises * Une quinzaine de branches professionnelles sur 50 négocient * "Rien ne peut justifier l'attentisme", dit Valls (Actualisé avec fin de la réunion) par Elizabeth Pineau PARIS, 4 novembre (Reuters) - Manuel Valls a haussé le ton mardi à l'égard des branches professionnelles, invitées à faire aboutir au plus vite les négociations entre partenaires sociaux sur les contreparties aux aides accordées dans le cadre du Pacte de responsabilité. "Il n'est plus temps d'attendre et rien ne peut justifier l'attentisme", a déclaré le Premier ministre lors de l'installation du Comité de suivi des aides publiques aux entreprises et des engagements, dont la création a été décidée lors de la grande conférence sociale de juillet dernier. Piloté par Jean Pisani-Ferry, commissaire général de France Stratégie, cette instance doit mesurer les contreparties aux 41 milliards d'euros de baisses de cotisations et de fiscalité des entreprises visant à relancer l'investissement et l'emploi. Le Comité se réunira deux fois par trimestre à partir du 17 décembre et devrait rendre son premier rapport en septembre 2015. "La Nation a fait un effort considérable", a dit Manuel Valls à son arrivée à la réunion, à laquelle étaient conviés l'ensemble des partenaires sociaux. "Cet effort est indispensable pour redresser le pays. Mais l'effort ne doit pas aller vers les dividendes. Il doit aller vers l'emploi", a insisté le chef du gouvernement, accusé par son propre camp de faire trop de "cadeaux" aux entreprises. Manuel Valls a déploré la lenteur des négociations engagées dans une quinzaine des 50 principales branches d'activité du pays, qui représentent 60% des salariés. "Il y a encore du travail à faire si vous voulez mon état d'esprit", a-t-il dit avant d'entrer dans les locaux de France Stratégie, non loin de Matignon. "Toutes les branches doivent avoir effectivement engager des négociations", a-t-il insisté lors de la réunion, selon un texte fourni par son service de presse. A ses yeux, les revendications patronales ou syndicales "ne peuvent fournir un prétexte à l'inaction sur le Pacte". "L'engagement du gouvernement et du Parlement d'un côté, l'engagement du patronat et des organisations syndicales prêtes à s'engager de l'autre côté, vont ensemble. L'un n'ira pas sans l'autre", a-t-il dit. LA CFDT TROUVE LE PATRONAT "TROP TIMIDE" Pour le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, la balle reste dans le camp du patronat "qui, dans les branches, est beaucoup trop timide pour s'engager en termes d'investissement, d'emploi, d'embauche de jeunes". Deux accords ont pour l'instant été signés dans les secteurs de la chimie et de la métallurgie. Des pourparlers sont programmés dans une trentaine d'autres secteurs, mais six branches sont au point mort (pharmacies et officines, restauration de collectivité, cabinets médicaux, gardiens et concierges d'immeubles, établissements d'enseignement privés et experts comptables). L'installation du comité intervient dans un contexte de tensions entre le gouvernement et le patronat, échaudé par la mise en oeuvre du compte pénibilité lié à la réforme des retraites et par la nouvelle obligation d'information en amont des salariés de tout projet de cessions dans les PME. Le Medef déplore le niveau des prélèvements obligatoires, estimant que les 41 milliards d'aides ne font "qu'alléger" les 30 milliards de charges supplémentaires qui pèsent sur les entreprises depuis 2011. L'organisation patronale rappelle aussi que seuls 6,5 milliards sur les 20 promis à terme ont été versés au titre du Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE). "Pour qu'il y ait de l'emploi, il faut d'abord une reconstitution des marges", a expliqué Jean-François Pillard, vice-président de l'organisation patronale. Jean-François Roubaud, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CGPME), a mis en avant la bonne volonté de son camp. "Nous sommes tout à fait d'accord pour évaluer l'ensemble des mesures qui sont prises mais il faut tenir compte du facteur temps : ce n'est pas parce qu'on fait un Pacte de responsabilité qu'on crée X emplois le lendemain matin". (Edité par Yves Clarisse et Grégory Blachier)

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  • mlaure13 le mardi 4 nov 2014 à 19:54

    ...sinon, vous aurez la fessée !...MdR...