Pacte de responsabilité: la polémique Medef-gouvernement continue

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LE MEDEF RÉCLAME UNE MISE EN OEUVRE RAPIDE DU PACTE DE RESPONSABILITÉ
LE MEDEF RÉCLAME UNE MISE EN OEUVRE RAPIDE DU PACTE DE RESPONSABILITÉ

PARIS (Reuters) - Le président du Medef a pressé jeudi le gouvernement de rendre rapidement "concret et opérationnel" le pacte de responsabilité pour permettre l'installation d'une "dynamique positive" de création d'emplois.

Dans une tribune publiée sur son blog, Pierre Gattaz répond aux critiques adressées à l'organisation patronale, accusée de "sans arrêt geindre et pleurnicher", en dénonçant en retour "l'absence de compréhension de l'urgence de la situation économique chez certains de nos interlocuteurs".

Le numéro deux du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, s'est attiré les foudres du gouvernement en qualifiant dans une interview au Figaro de "supercherie complète" la baisse de la fiscalité promise aux entreprises et en menaçant de se retirer des discussions sur les baisses de charge prévues dans le pacte.

Après le ministre du Travail la veille, le ministre des Finances Michel Sapin s'en est pris avec véhémence mercredi à l'organisation.

"Il ne faut pas vouloir jouer au plus fin trop longtemps, je dis ça pour certains au sein du Medef", a-t-il dit devant l'Association des journalistes économiques et financiers. "Il y a des petits jeux qui, à un moment donné, sont contraires à l'intérêt général et tout particulièrement l'intérêt général des entreprises".

"L'effort est connu, ce n'est pas un effort seulement fiscal", a-t-il poursuivi, en insistant sur les baisses de charges prévues par le pacte de responsabilité. "C'est quand même pas rien 40 et quelque milliards (d'euros) ! Il y en a qui disent qu'on ne voit rien, qu'il y a du harcèlement fiscal, on croit rêver !"

ÔTER LES VERROUS

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, qui reproche au Medef son manque de "loyauté" vis-à-vis de l'accord d'accompagnement du pacte prévoyant des négociations de branches sur des contreparties en termes d'emploi et de formation, a vu de son côté dans les déclarations de Geoffroy Roux de Bézieux une "provocation insupportable".

Dans son blog, Pierre Gattaz répond que "quand une organisation syndicale parle de 'sortir du Pacte' ou quand elle choisit de ne pas y entrer, tout le monde trouve ça normal et acceptable."

"Mais quand le Medef explique que les engagements oraux ne sont pas tenus, que les trajectoires fiscales ne sont pas claires et que pour faire revenir la confiance, il faut au contraire des choses claires et certaines (...) alors, on nous accuse de brandir une menace 'insupportable', voire de 'geindre' et de 'pleurnicher'."

Pour le président du Medef, l'important aujourd'hui est de "dépasser les postures de communication, le dogme et l'idéologie, et de rendre enfin concret et opérationnel ce pacte de responsabilité". Il faut pour cela être "précis" dans son contenu, "rapide" dans sa mise en oeuvre et "ferme" dans l'exécution.

"Alors, nous aurons passé positivement la première marche et nous pourrons accélérer sur la mobilisation", dit-il, non sans avertir que le Pacte de responsabilité ne suffira pas, selon lui, à recréer une dynamique massive de création d'emplois.

"Il faudra aussi accepter d'ôter les verrous qui existent dans notre pays et trouver des solutions opérationnelles. Il faudra de toutes les façons y arriver. Autant l'assumer dès à présent", conclut Pierre Gattaz.

(Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

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  • mucius le jeudi 5 juin 2014 à 15:22

    Ne rien céder à ce gvt de m... : investir un minimum, transférer à l'étranger le + possible, pas de contrat de quelque sorte que ce soit. Attendre qu'il crève. Voila le bon programme. Ce gvt est mandaté par les foncs pour maintenir le racket fiscal.

  • rodde12 le jeudi 5 juin 2014 à 15:12

    L'idéologie de gauche ruine la France et les français. La balance commerciale lourdement déficitaire montre chaque année la perte collective des français. Le PIB lui ne reflète que les dépenses, or une grosse partie est faite grâce à l'emprunt. Les français ne sont pas dupes; En dehors du secteur protégé ils s'appauvrissent et redoutent de se retrouver à la rue. Mais cela ne rentre pas dans le PIB et ne concerne pas les Enarques et autres politiques. c'est l'idéologie qu'il faut changer.

  • zeisuke le jeudi 5 juin 2014 à 14:58

    Enfin le medef réagi !!mais il n'a toujours pas compris apparemment que le gvt va se décharger du chômage sur ce pacte

  • M4426670 le jeudi 5 juin 2014 à 14:43

    Avec un "ministre" pareil, le MEDEF devrait pratiquer la politique de la chaise vide: il y gagnerait du temps et de l'énergie.....

  • M4426670 le jeudi 5 juin 2014 à 14:30

    Quant à Sapin, il se complait dans la polémique et la mise au pilori du Medef. Pour un ministre, c'est pas glorieux: on ne lui demande pas de participer aux polémiques stériles mais d'agir! On l'attend toujours......

  • mipolod le jeudi 5 juin 2014 à 14:28

    Pourquoi le medef s'échine à négocier avec un gouvernement sclérosé et des ministres qui ne comprennent rien à la dynamique d'une entreprise. La preuve, aucun des ministres concernés par l'économie et l'emploi ne possèdent de portefeuilles d'actions ou de valeurs d'entreprises. Ces cou.illons ne savent même pas de quoi ils parlent !

  • M4426670 le jeudi 5 juin 2014 à 14:27

    Les vrais verrous à faire sauter sont dans le code du travail, le code des impots! Où sont les "réformes" dans ces domaines?!!

  • M4426670 le jeudi 5 juin 2014 à 14:26

    Il a raison: le "pacte de responsabilité" est vide de décision en ce qui concerne les baisses de charges! On vient de découvrir que le CICE, c'est 10 Mds en 2014, 10 Mds en 2015: le gouvernement avait annoncé 20 Mds sans en préciser les dates: on est dans l'enfumage gouvernemental!