P.Saint-André : " Être capables de finir les actions "

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P.Saint-André : " Être capables de finir les actions "
P.Saint-André : " Être capables de finir les actions "

Philippe Saint-André est revenu en conférence de presse sur la défaite des Bleus face aux Anglais (19-14). Blessé, Thierry Dusautoir ne participera pas au prochain match de l'équipe de France, le dernier avant l'annonce des 31 sélectionnés pour la Coupe du Monde.

Philippe Saint-André, comment analysez-vous cette défaite face aux Anglais (19-14) ?
On est déçus du résultat final parce qu’il y avait de quoi faire un résultat positif à Twickenham. Après il y a certains points de satisfaction.

Quels sont-ils ?
Déjà sur l’aspect physiologique on s’est bien déplacés, on était très bien sur ces 80 minutes avec près de 37 minutes de temps de jeu effectif. Ça fait trois ans-trois ans et demi qu’on a du mal à finir les premières mi-temps, là, on a fini plus fort. Notre mêlée a été conquérante, on ne prend que 7 pénalités. Là-dessus c’est bien. Bon pourcentage au but également avec Morgan Parra qui est à 100%. Mais on prend un essai, le deuxième, où on est d’une naïveté affligeante. On n’a pas été bon dans la gestion des temps forts surtout à 15 contre 14 où on est impatients et on perd le ballon trop rapidement. On a perdu beaucoup trop de duels en un contre un.

Les Anglais étaient-ils plus forts ?
On n’a pas vu grand-chose d'eux lors des 10 premières minutes, c’est nous qui avions plus de 80% de possession en début de match. On a tenu le ballon quatre ou cinq fois pendant plus de deux minutes alors que les Anglais ne l’ont pas fait du match. On a également franchis sept fois. Mais le problème c’est que lorsque les Anglais franchissent, ça finit derrière les perches, alors que nous on n’est pas précis dans la dernière passe. Au lieu d’être patient et d’avoir un ruck supplémentaire on préfère tenter la passe impossible. Si tu regardes les Anglais, ils font quatre lancements dans le match ! Ils marquent sur un premier temps de jeu, un exploit personnel de leur ailier et une grosse erreur individuelle alors qu’on est en surnombre.

Que faire pour mieux réagir face à un adversaire du calibre des Anglais ?
Sur ce match, on fait deux fois plus de passes qu’eux. Mais à un moment donné quand on les transperce, il faut sortir au bon moment et être capable de finir les actions. Les trois ou quatre premières semaines ont été basées sur l’énergétique. Là on est dans un cycle de vitesse et de puissance. On a été en difficulté sur ces points, surtout sur les extérieurs.

Dulin à l’aile, « un faux débat »

Ne regrettez-vous pas la titularisation de Brice Dulin à l’aile, fautif sur le premier essai anglais ?
J’ai dit que c’était un match de préparation. À partir du moment où on a trois ailiers de métier dans l’effectif on est obligé de trouver des solutions comme Brice Dulin. Il est en difficulté dans les 20 premières minutes mais après il fait une bonne deuxième mi-temps. Mais est-ce que Watson et May se posent des questions ? Il y en a un qui joue 15 à Gloucester et l’autre 15 à Bath. Blanco qui a été notre meilleur arrière, a commencé trois-quart aile, Sella qui a été notre meilleur centre a commencé trois-quart aile... C’est un faux débat. Sur l’action du premier essai, Brice défend comme un arrière en fermant sur le dernier joueur. Après, on va le travailler, il y a un deux contre deux, François (Trinh-Duc) monte sur la passe et Brice ne monte pas avec lui et ne ferme pas en même temps. Si tu laisses des espaces à des joueurs avec autant de qualités de pied et de vitesse que Watson, tu es mort.

Pourquoi attendre aussi longtemps avant de tester Dulin à ce nouveau poste ?
Pourquoi ? Ce sont les matchs amicaux comme celui là qui permettent d’essayer des choses. Je le rappelle, Noa Nakaitaci n’était pas à 100% pour ce match. Il sera à 100% samedi. Yohan Huget on connaît son expérience au poste de trois-quart aile. J’avais besoin de revoir Sofiane Guitoune et de trouver une solution avec Brice Dulin. Au niveau international, quelle est la différence entre le poste d’arrière et d’ailier ? Brice a été souvent confronté à des situations de jeu au pied très haut, comme en seconde période, où il a bien récupéré les ballons et où on a pu jouer des relances avec lui. Je sais qui si on a un blessé, il pourra faire le job en fin de match, sur vingt minutes. Mieux vaut qu’il apprenne en match amical qu’en quart ou en demi-finale de la Coupe du monde.

Tout le monde sera opérationnel pour samedi et le match face aux Anglais au Stade de France ?
Le seul qui ne jouera pas samedi c’est Thierry Dusautoir. Il sera à 100% pour le match contre l’Ecosse. C’est le seul joueur qui va continuer la préparation cette semaine. Tous les autres sont prétendants à la sélection. Il y aura une revue d’effectif donc il y a de grandes chances qu’il y ait les douze autres qui n’avaient pas été retenus pour ce match.

N’avez-vous pas l’intention de préserver des joueurs que vous connaissez très bien, type Pascal Papé ou Yoann Huget ?
J’ai peut-être aussi envie de voir deux ailiers de métier samedi au Stade de France ! On a douze joueurs qui sont restés à Marcoussis, qui ont travaillé énormément et qui ont faim de rugby. Ça va être intéressant de les voir sur le terrain samedi soir.

« Besoin d’avoir des joueurs qui collent au ballon »

Qu’avez-vous pensé de la prestation de la charnière Parra-Trinh-Duc ?
Sur le début de match, elle a été très intéressante. Elle a bien animé le jeu, que ce soit au près ou au large. Notre jeu au pied et d’occupation a été de qualité. J’ai trouvé qu’on avait eu beaucoup moins de difficultés à sortir de notre camp que lors de matchs précédents. François a été assez bon défensivement dans le un contre un. Quant à Morgan, il avait de très bonnes sensations comme buteur.


Et la troisième-ligne Nyanga-Ouedraogo-Picamoles ?
Ça faisait longtemps que l’on ne les avait pas vu jouer ensemble (en 2012). On a vu que Louis Picamoles avait encore besoin de travailler, mais il est sur la bonne voie, surtout dans son déplacement. On connaît sa puissance. Yannick Nyanga reste le puncheur qu’on connaît. La plus belle contre-attaque du match, c’est lui qui l’initie, avec une occasion d’essai à la fin où l’on a un trois contre un et où on tente une chistera au milieu de personne. Fulgence (Ouedraogo), enfin, on connaît sa capacité à courir et à se déplacer. Or, si on veut de la continuité dans le jeu, on a vraiment besoin d’avoir des joueurs qui collent au ballon.

(avec Yannick O'Conor)

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