P.Lagisquet : " Une remise en question évidente "

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P.Lagisquet : " Une remise en question évidente "
P.Lagisquet : " Une remise en question évidente "
Patrice Lagisquet est ravi de l'investissement de ses joueurs durant le stage de trois jours organisé à Marcoussis. L'entraîneur des lignes arrières souhaite que les Bleus engrangent de la confiance en vue des tests matchs de novembre.

Patrice Lagisquet, avez-vous l'impression de repartir de zéro avec un groupe en partie remanié ?
Non, il y a les deux demi de mêlée (ndlr : Rory Kockott et Sébastien Tillous-Borde), plus Teddy Thomas mais tous les autres ont déjà travaillé avec nous. Il y a Jonathan Danty avec qui j'ai un petit moment (mercredi matin), qui découvre l'équipe de France mais Marcoussis, il connaît bien. Pour nous il y a une continuité dans ce qu'on a fait, dans ce qu'on propose, dans ce qu'on travaille. Oui il y a une évolution du groupe, il y a une remise en question qui est évidente mais il y a aussi une continuité.

Peu de changements, mais deux demi de mêlée à un an du Mondial cela fait quand même beaucoup de changements...
Oui, mais quand on a essayé de travailler dans la continuité, on s'est rendu compte que cela n'avait pas fonctionné. C'est le souci que l'on a d'ailleurs, on se rend compte que sur dix mois de compétition pour l'instant, on n'a jamais pu figer une paire de demis capable d'enchaîner les matchs alors que c'était notre volonté initiale, une paire qui pouvait enchaîner les rencontres en gardant le même niveau physique sans blessure et sans méforme. On agit un petit peu par obligation. Ce sont plus les évènements qui nous dictent certains choix, qu'une volonté réelle de notre part de multiplier les paires de demis. On sait tous qu'on a plutôt intérêt à s'appuyer sur une épine dorsale stable plutôt que de renouveler constamment les joueurs, c'est évident.


Vous avez appelé Rory Kockott, qu'est-ce qui vous plait chez ce joueur ?
Ce qui nous plait, c'est sa capacité à mettre de la vitesse, à accélérer le jeu par se passe, sa vivacité. Le fait aussi que c'est un joueur puissant avec une grosse présence défensive, il est souvent utilisé comme premier défenseur, même à partir de la touche. Il a une présence physique telle, qu'il est très efficace au plaquage sur des joueurs puissants. Il a cette capacité à combattre autour, à la fois avec le ballon et sans le ballon. C'est ce qui nous plait principalement sans parler bien sûr de ses qualités de buteur qui en font un buteur de classe mondiale.

« Le plus important, c'est d'aller de l'avant »

Ce n'est pas un peu frustrant de ne le prendre qu'un an avant la Coupe du monde sachant qu'il n'était pas sélectionnable plus tôt ?
Oui, on peut le regretter mais si on passe notre temps à regretter ce qu'on n'a pas pu faire et ce qu'on a subi, ce n'est pas ce qui nous fera avancer. Je crois que, sur les trois années qui se sont écoulées, ce sont des choses qui ont été suffisamment exprimées. Il faut aller de l'avant et rester focalisé sur notre objectif Coupe du monde sachant qu'on a besoin quand même de résultats positifs dès le mois de novembre. On ne pourra pas bâtir une démarche solide et bâtir de la confiance dont a besoin cette équipe pour la Coupe du monde si on ne va pas chercher des victoires. Pour nous, ce qui est le plus important, c'est d'aller de l'avant, montrer encore plus de détermination, d'engagement et de conviction dans tout ce que l'on veut faire.

Comment s'est passée son intégration ?
Très bien, comme la plupart des joueurs qui arrivent à ce niveau-là mais qui sont déjà expérimentés. J'aimerais bien que l'on pose la même question sur Sébastien Tillous-Borde parce que les deux ont un peu le même profil. J'avais déjà dit au sujet de Sébastien, lorsqu'on évoquait l'absence de François Trinh-Duc pour la tournée en Australie, que je regrettais de ne pas l'avoir pris car il avait effectué de très belles performances. Nous étions dictés par des problèmes de buteur. Mais pour Sébastien, comme pour Rory, ça se passe très bien parce que ce sont des joueurs qui ont un tel vécu, une telle expérience. Ils assimilent les repères collectifs avec beaucoup de facilité.

Est-ce problématique dans un groupe d'avoir deux demis de mêlée avec un profil similaire ?
Soit on choisit des joueurs qui correspondent au jeu que l'on veut mettre en place et c'est normal d'avoir deux numéros 9 qui ont les mêmes qualités. Soit on prend les meilleurs à leur poste avec des contraintes de buts et, à ce moment-là, on peut avoir des profils différents, mais cela ne permet pas à l'équipe de jouer de la même manière en fonction du numéro 9. Ce n'est pas toujours le plus simple.

« On veut qu'il y ait une concurrence, une émulation positive au sein de l'équipe »

L'arrivée de cinq joueurs et le retour d'autres joueurs sont-ils un moyen de remettre en question le groupe ?
Disons que la manière dont on communique amène à une remise en question. Effectivement, la sensation d'échec à la fin de la tournée en Australie est un peu trop lourde. Je ne vous cache pas que l'on suivait entre 70 et 80 joueurs depuis plusieurs saisons. Mais c'est vrai que là, on fait apparaître pour tout le monde clairement que l'on suit ces joueurs. On veut qu'il y ait une concurrence, une émulation positive au sein de l'équipe de France. On a cherché à stabiliser un groupe malgré toutes les rotations et on se rend compte que ce n'est pas obligatoirement une réussite. Donc, on dit : attention, la concurrence est là, donc si vous voulez faire partie des 31 à la Coupe du monde, il va falloir être performant et ce, pas uniquement individuellement mais aussi dans le rendement collectif et dans la volonté d'obtenir des résultats. On ne peut pas se contenter de répondre à certaines attentes en se disant « comme ça je serai sélectionné la fois d'après ». Le but c'est vraiment de participer à la réussite d'une équipe.

Avez-vous senti des joueurs plus réceptifs, plus concernés ?
Franchement on n'a jamais été déçu par l'implication, l'investissement, le fait que des joueurs ne soient pas réceptifs en stage. C'est la deuxième fois que l'on effectue un stage de cette nature-là. La dernière fois c'était pour préparer l'arrivée des Blacks pour la tournée de novembre l'année dernière. L'implication des joueurs avait été très intéressante, en plus c'est une des seules fois où on travaille sans la pression de la compétition. Chaque fois ce stage de 3 jours se passe très bien. Ce qui est un peu différent cette fois, ce qui nous complique un petit peu la tâche, c'est qu'on avait quand même donné des objectifs de travail physique. Les joueurs subissent des contraintes au niveau de l'enchaînement physique qui sont un peu plus lourdes que d'habitude. Ça nous amène à alléger la partie rugby.

Comment s'est passée la collaboration avec Serge Blanco ?  
Serge est là comme quelqu'un qui nous accompagne, qui veut faire passer des messages assez forts, à savoir, plus d'engagement, plus de conviction, une volonté de restaurer l'image du XV de France et donc d'aller chercher des résultats positifs rapidement. C'est ce qu'il a exprimé avec nous durant ces trois jours.

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