Ozil, Mesut ou super ?

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Décevant depuis le début du Mondial, Mesut Ozil est attendu au tournant face à la France en quart de finale. Buteur face à l'Algérie, le milieu de terrain d'Arsenal peut faire beaucoup mieux. Mais son positionnement ne lui facilite pas la tâche.

Son talent, aussi grand soit-il, ne l'exonérera de rien. Vendredi, face à la France, Mesut Ozil sera épié et scruté. Mais pas seulement par la défense et le milieu de terrain français. Car c'est tout le peuple allemand qui attend enfin de voir le joueur d'Arsenal se montrer sous son meilleur jour. Depuis le début du Mondial, c'est presque un fantôme qui ère sur les pelouses brésiliennes. Son but face l'Algérie n'a fait qu'atténuer les critiques. Pas suffisant pour lui garantir la paix dans les médias. Après une deuxième partie de saison inquiétante avec les Gunners, le joueur de 25 ans semble à bout de souffle depuis l'entame de la compétition. Mauvais choix, influence quelconque sur le jeu de son équipe, attitude parfois dilettante sur le terrain : les griefs sont nombreux contre celui qui avait été meilleur joueur allemand en 2012. Lors des qualifications pour le Mondial brésilien, il avait pourtant étincelé, terminant troisième meilleur marqueur des éliminatoires avec huit buts en dix matchs. C'est pourtant dans un rôle de passeur qu'il brille depuis plusieurs années maintenant. Au Brésil, il n'a pas encore dégainé dans son domaine de prédilection.

Un positionnement en question

En Allemagne, les médias sont sans pitié. Mais le milieu de terrain d'origine turque n'est pas le seul mis en cause. Finalement, exceptés Manuel Neuer et Thomas Müller, c'est toute la Mannschaft qui en prend pour son grade. Pour certains, voire l'intéressé lui-même, le problème d'Ozil vient de son positionnement en équipe nationale. Exilé sur le côté droit, le Gunner peine à rayonner. « Tout le monde sait que je préfère jouer en meneur de jeu mais c'est l'entraîneur qui décide, a-t-il souligné. Je joue donc à droite et là, on n'a pas autant de possibilités de peser sur le jeu. » Quelques brefs éclairs rappellent bien l'étendue de son talent mais le rendu global reste banal, voire bancal. Heureusement pour l'ancien du Werder Brême, le soutien de Joachim Löw reste sans faille. Il faut dire que le sélectionneur de la Mannschaft tient mordicus à son trident au milieu de terrain (Lahm, Kroos et Schweinsteiger). Du coup, Mesut Ozil est contraint de jouer sur un côté. Un exil forcé qu'il a du mal à assumer. « Il peut être décisif », rappelle Joachim Löw. On l'attend encore au tournant...

Ballack vote pour, Matthaus contre

Chez les anciennes gloires du football allemand, les avis sont partagés. Michael Ballack s'est mué en avocat de circonstance. « Dans cette situation, Löw doit lui faire confiance, a commenté l'ancien international. Car un joueur comme lui ou comme Mario Götze, les autres nations en sont jalouses. Ils font la différence. » En revanche, du côté de Lothar Matthaus, c'est beaucoup plus mitigé. « Ozil n'a pas sa place garantie dans le onze de départ, avait affirmé l'ancien capitaine de la Mannschaft dans Kicker. Surtout à son poste, nous avons beaucoup de qualité. Mais vous vous attendez toujours plus de lui que d'autres joueurs. Je ne pense pas qu'Ozil soit intouchable. » A première vue, Joachim Löw pense le contraire. Pour le moment, les résultats de l'Allemagne ne s'en font pas ressentir. On a tout de même tendance à penser que la présence de Marco Reus, forfait à quelques jours du début du Mondial, aurait changé la donne. Tant mieux pour Mesut Ozil. Mais sa marge de man½uvre est maintenant restreinte.

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