Ouverture en Allemagne du procès d'un ancien garde d'Auschwitz

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    BERLIN, 11 février (Reuters) - Le procès d'un ancien garde 
du camp d'Auschwitz, accusé de complicité de meurtre d'au moins 
170.000 personnes, s'ouvre jeudi en Allemagne, le premier d'une 
série de quatre qui pourraient être les dernières grandes 
affaires judiciaires de l'Holocauste étant donné le grand âge 
des prévenus. 
    Reinhold Hanning, 93 ans, avait 20 ans en 1942 lorsqu'il a 
pris le poste de garde au camp d'extermination d'Auschwitz, 
situé en Pologne, où plus de 1,1 million de juifs ont été tués 
par les nazis. 
    Deux autres hommes et une femme, tous âgés de plus de 90 
ans, seront également traduits devant la justice dans les mois à 
venir pour des faits similaires.  ID:nL8N15K3U8 , 
 ID:nL8N1523FL  
    Oskar Gröning, un ancien comptable du camp d'Auschwitz âgé 
de 94 ans, a été condamné en juillet à une peine de quatre ans 
de réclusion après avoir été reconnu coupable de complicité dans 
la mort de 300.000 personnes.  ID:nL5N0ZV1AN  
    Selon l'accusation, Reinhold Hanning, dont le procès se 
tiendra dans la ville de Detmold, en Rhénanie du 
Nord-Westphalie, s'est porté volontaire à l'âge de 18 ans pour 
rejoindre les rangs des SS. 
    Il a pris part à des batailles sur le front est-européen au 
début de la Deuxième guerre mondiale avant d'être transféré à 
Auschwitz en janvier 1942. 
    Selon le Service central d'enquêtes sur les crimes nazis, 
basé à Ludwigsburg, Reinhold Hanning a servi comme garde à 
Auschwitz jusqu'à au moins juin 1944. 
    Tout en reconnaissant avoir été garde dans le camp, l'accusé 
a démenti avoir été impliqué dans les assassinats de masse. 
    L'accusation estime pour sa part que le système 
d'extermination des juifs mis en place par les nazis dépendait 
pour partie de personnes comme Reinhold Hanning, soulignant que 
ce dernier avait, pour le moins, facilité les meurtres. 
    L'ancien garde sera notamment confronté au récit de 
prisonniers, à l'instar d'Erna de Vries, déportée en 1943, à 
l'âge de 23 ans, à Auschwitz en même temps que sa mère. 
    Comme son père était protestant, elle fut considérée comme 
une "métis juive" et a pu échapper aux chambres à gaz. 
    "J'ai survécu mais, à ce jour, je ne sais toujours pas 
exactement comment ma mère a été tuée. La dernière chose qu'elle 
m'a dite est : "Tu survivras et tu raconteras ce qui nous est 
arrivé", a-t-elle dit à Reuters avant l'ouverture du procès. 
    "Je ne suis pas animée par la haine mais je ressens une 
forme de justice de voir cet homme, qui travaillait là-bas quand 
ma mère est morte, être l'objet d'un procès." 
 
 (Tina Bellon, Benoit Van Overstraeten pour le service français) 
 
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