Ouverture du procès du meurtrier de l'élue britannique Jo Cox

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 (Ajoute détails) 
    LONDRES, 14 novembre (Reuters) - La parlementaire 
britannique Jo Cox, assassinée en pleine rue à quelques jours du 
référendum du 23 juin sur le Brexit, a été victime d'un meurtre 
prémédité à mobile idéologique, a déclaré lundi le procureur à 
l'ouverture du procès de son assassin. 
    Des témoins ont entendu Thomas Mair, 53 ans, répéter à 
plusieurs reprises "Britain First" ("La Grande-Bretagne 
d'abord") ou "this is for Britain" ("C'est pour la 
Grande-Bretagne") pendant l'attaque, a dit Richard Whittam aux 
jurés du tribunal d'Old Bailey, la haute cour criminelle de 
Londres. 
    Thomas Mair a ouvert le feu à trois reprises sur Jo Cox puis 
l'a poignardée à 15 reprises alors qu'elle arrivait à une 
permanence électorale à Birstall, dans le nord de l'Angleterre. 
    Le meurtre de cette mère de famille âgée de 41 ans, 
militante ardente du maintien du Royaume-Uni dans l'Union 
européenne, avait choqué la Grande-Bretagne et entraîné la 
suspension pendant plusieurs jours d'une campagne électorale qui 
devenait de plus en plus délétère. 
    Thomas Mair est également jugé pour avoir grièvement blessé 
à coups de couteau un homme de 77 ans qui avait tenté de 
s'interposer. 
    "Pendant le meurtre, de nombreux témoins ont entendu Thomas 
Mair dire à plusieurs reprises 'Britain First'", a dit le 
procureur Richard Whittam. 
    "Thomas Mair avait l'intention de la tuer dans ce qui a 
constitué un meurtre prémédité et planifié pour un mobile 
politique et/ou idéologique", a-t-il ajouté. "Il a tué parce que 
la députée n'était pas d'accord avec lui." 
    La police a retrouvé au domicile de Thomas Mair des 
documents sur les mouvements suprémacistes blancs et l'Allemagne 
nazie. L'homme avait également consulté sur internet des 
informations sur le Ku Klux Klan ou la Waffen SS dans les jours 
précédant le meurtre.  
    Le mois dernier, l'assassin avait refusé de répondre à la 
question du juge qui lui demandait s'il reconnaissait sa 
culpabilité. Il plaidera donc non coupable pendant le procès, 
qui devrait durer deux semaines et est considéré comme une 
affaire terroriste. 
    Thomas Mair est apparu à son procès le crâne dégarni, 
portant un bouc gris et vêtu d'un costume bleu sombre et d'une 
cravate noire. Il s'est assis silencieusement sur le banc des 
accusés, entouré de trois vigiles.  
    Lors de sa première comparution devant un juge après son 
arrestation, Thomas Mair avait déclaré que son nom signifiait 
"mort aux traîtres, liberté pour la Grande-Bretagne". 
    "Britain First" est le slogan du Parti pour l'indépendance 
du Royaume-Uni (Ukip), parti anti-immigration et anti-européen 
qui militait de longue date pour la sortie de l'UE. 
 
 (Michael Holden; Tangi Salaün et Jean-Stéphane Brosse pour le 
service français) 
 
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