Ouverture du procès du majordome du pape

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OUVERTURE DU PROCÈS DU MAJORDOME DU PAPE
OUVERTURE DU PROCÈS DU MAJORDOME DU PAPE

par Philip Pullella

CITE DU VATICAN (Reuters) - Le procès de Paolo Gabriele, l'ancien majordome de Benoît XVI accusé d'avoir volé et diffusé des documents confidentiels pris dans les appartements du pape, s'ouvre ce samedi au Vatican.

Trois juges devront décider du sort de "Paoletto", comme l'appelait affectueusement le pape et aujourd'hui simplement présenté comme "l'accusé" dans les documents de l'instruction de cette affaire surnommée par la presse le "VatiLeaks".

Paolo Gabriele, qui se voit comme un "agent infiltré de l'Esprit Saint" chargé de lutter contre la corruption dans l'Eglise, est passible de quatre années de prison s'il est déclaré coupable, ce qui semble le plus probable car il a reconnu les faits.

La salle du tribunal, qui ne peut accueillir que quelques dizaines de personnes, voit se dérouler chaque année une trentaine de procès, surtout pour des délits mineurs comme des vols sur la place Saint-Pierre, a expliqué à la presse le professeur Giovanni Giacobbe, procureur à la cour d'appel du Vatican.

On ignore combien de temps dureront les débats.

Agé de 46 ans, Paolo Gabriele, père de trois enfants, a expliqué après son arrestation en mai avoir voulu "créer un choc" pour "ramener l'Eglise dans le droit chemin".

Selon lui, le pape n'était pas "suffisamment informé" de ce qui se passait au sein de l'Eglise, sur fond d'affaires financières et d'âpres luttes de pouvoir.

"Le pape ne peut pas dicter un verdict aux juges mais il peut intervenir autant qu'il veut et il peut aussi accorder la grâce à tout condamné", a précisé le professeur Giacobbe.

"LE MAL PARTOUT DANS L'ÉGLISE"

Comme il n'y a pas de prison dans le petit Etat du Vatican, l'ancien majordome, s'il est condamné et si le pape ne le gracie pas, devra purger sa peine dans un établissement pénitentiaire italien.

Accusation et défense peuvent citer des témoins à comparaître mais c'est le président du tribunal qui se prononce en dernier recours sur chaque requête. Toute question adressée à l'accusé ou à un témoin par l'accusation ou la défense doit être posée par le juge.

Les débats seront suivis par un "pool" de huit journalistes. Les caméras de télévision ne seront pas admises dans la salle, pas plus que les magnétophones. Le Vatican publiera toutefois une courte vidéo, sans le son, du début de chaque séance.

Paolo Gabriele sera jugé aux côtés de Claudio Sciarpelletti, un informaticien du Vatican accusé de complicité. Ce dernier risque un an de prison.

Paolo Gabriele, qui possède la double nationalité italo-vaticane, aidait le pape à s'habiller, lui servait ses repas et l'accompagnait notamment lors de ses déplacements officiels à l'avant de la "papamobile".

Selon l'acte d'accusation rendu public en août, il a expliqué aux enquêteurs que ses actes étaient liés au fait qu'il voyait "le mal et la corruption partout dans l'Eglise" et qu'il voulait contribuer à les éradiquer "parce que le pape n'était pas assez informé".

Un chèque de 100.000 euros à l'ordre du pape, une pépite d'or et un livre du XVIe siècle ont été retrouvés à son domicile au cours d'une perquisition. Paolo Gabriele a assuré qu'il avait l'intention de rendre ces objets.

Guy Kerivel pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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