Ouverture du procès de Gbagbo devant la CPI

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    LA HAYE, 28 janvier (Reuters) - Le procès de l'ancien 
président ivoirien Laurent Gbagbo doit s'ouvrir ce jeudi matin 
devant la Cour pénale internationale (CPI), qui juge pour la 
première fois un ex-chef d'Etat. 
    Gbagbo et son ministre de la Jeunesse, Charles Blé Goudé, 
sont poursuivis pour crimes contre l'humanité lors des violences 
qui ont suivi l'élection présidentielle de 2010. 
    L'ex-chef de l'Etat (2000-2010), qui a refusé de céder le 
pouvoir à l'issue du scrutin remporté par Alassane Ouattara, est 
accusé d'être à l'origine de la brève guerre civile qui a fait 
3.000 morts dans le pays. 
    La procureure Fatou Bensouda a promis mercredi de faire 
"jaillir la vérité". "Nous sommes convaincus que les éléments de 
preuve que nous avons recueillis seront suffisamment 
convaincants pour prouver la culpabilité des accusés au-delà de 
tout doute raisonnable", a-t-elle ajouté.  
    Laurent Gbagbo, arrêté en avril 2011 et transféré sept mois 
plus tard à La Haye, reste très influent en Côte d'Ivoire, tout 
comme son parti, le Front populaire ivoirien (FPI). 
    Plusieurs centaines de ses partisans se sont rassemblés 
jeudi matin devant le siège de la CPI, affirmant que l'ancien 
président était victime de son opposition à la France. 
    "C'est du néocolonialisme", dit Michèle, une Ivoirienne 
venue de Paris, où elle vit. "La France est intervenue pour 
chasser Gbagbo et installer un chef rebelle", ajoute-t-elle. 
    Alassane Ouattara a pris ses fonctions après l'intervention 
française qui a mis fin à la guerre civile. 
    Quatre chefs de crimes contre l'humanité ont été retenus à 
l'encontre de Laurent Gbagbo, 70 ans, et de Charles Blé Goudé, 
44 ans. Les deux hommes, qui sont passibles de la prison à vie, 
rejettent ces charges.       
    Les pro-Gbagbo accusent la CPI de partialité dans le dossier 
ivoirien, allégations dont la procureure Fatou Bensouda s'est 
défendue mercredi. 
    "Nous poursuivons nos enquêtes en Côte d'Ivoire", a-t-elle 
dit. "Mon Bureau ne ménagera pas ses efforts pour que justice 
soit rendue et que les auteurs de crimes rendent des comptes 
dans les deux camps", a-t-elle insisté.  
 
 (Thomas Escritt; Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André 
pour le service français) 
 
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