Ouverture d'une information judiciaire sur l'accident de Brétigny

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UNE INFORMATION JUDICIAIRE OUVERTE SUR L'ACCIDENT DE BRÉTIGNY-SUR-ORGE
UNE INFORMATION JUDICIAIRE OUVERTE SUR L'ACCIDENT DE BRÉTIGNY-SUR-ORGE

PARIS (Reuters) - Une information judiciaire pour "homicides et blessures involontaires" a été ouverte mercredi par le parquet d'Evry à la suite de la catastrophe ferroviaire du 12 juillet à Brétigny-sur-Orge (Essonne), a annoncé le procureur Eric Lallement.

L'un des objectifs de cette information judiciaire "sera d'identifier chacune des victimes corporelles de cet accident et de permettre à ces victimes d'obtenir réparation", a-t-il précisé lors d'une conférence de presse.

Le déraillement du train Intercités 3657 Paris-Limoges du 12 juillet a fait six morts. Sept personnes étaient encore hospitalisées mardi soir, a précisé le procureur d'Evry.

A la suite de cet accident ferroviaire, le plus grave en France depuis 25 ans, trois enquêtes -une par le parquet d'Evry, une par le ministère des Transports et une dernière par la SNCF et Réseau ferré de France- ont été ouvertes.

La responsabilité du conducteur a été écartée par les enquêteurs, a dit Eric Lallement, qui a confirmé, en se fondant sur les "premières conclusions" de l'expert, que l'accident résultait vraisemblablement du basculement d'une éclisse.

Cette pièce de raccordement métallique d'une dizaine de kilos fixée par quatre boulons aux rails s'est détachée pour se retrouver dans le système d'aiguillage à quelque 200 mètres de la gare de Brétigny-sur-Orge.

"Les recherches devront s'orienter naturellement sur les causes de l'absence, de la rupture et/ou du desserrage des écrous des éclisses", a-t-il dit, "d'autre part sur l'origine des déformations intervenues sur le réseau ferroviaire et enfin sur les conditions d'entretien de ces réseaux ferroviaires."

Trois magistrats instructeurs ont été chargés de l'information judiciaire.

L'ÉCLISSE RESPONSABLE SELON LA SNCF

Les expertises métallurgiques vont devoir "déterminer si les boulons étaient correctement serrés, quel était leur état même, s'ils ont pu être déformés par la chaleur ou par toute autre cause", a souligné Eric Lallement qui a précisé qu'"a priori" la piste de l'acte de malveillance était écarté.

La SNCF assumera "a priori" les responsabilités de l'exploitant, a-t-il dit.

Le rapport d'audit interne de la SNCF, dont une partie des conclusions ont été dévoilées mercredi matin par le PDG de la compagnie ferroviaire, confirme la piste de l'accident technique et écarte la défaillance humaine pour expliquer l'accident.

"Rien dans ce rapport ne contredit les éléments techniques sur les origines immédiates du déraillement telles qu'elles avaient été identifiées dans les premières heures qui ont suivi l'accident", a déclaré Guillaume Pepy lors d'une conférence de presse à Paris.

"Certains ont parlé de défaillance humaine. Au stade actuel, aucun élément ne l'accrédite, l'accident a une origine technique", a-t-il ajouté.

Quant à l'état du boulonnage de l'éclisse avant et au moment de l'accident, Guillaume Pepy a précisé qu'il faisait l'objet d'une enquête judiciaire et d'une enquête administrative.

Les explications de la SNCF ont été jugées "insuffisantes" par Xavier Gruwez, avocat spécialisé dans le transport ferroviaire, qui a été sollicité par une quinzaine de victimes.

"Nous n'allons pas attendre de voir désigner des experts par le magistrat, nous allons renforcer nos équipes avec des experts de la maintenance des systèmes ferroviaires SNCF", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. "Je ne doute pas de la fiabilité des experts mais nous voulons avoir notre propre expertise sur la question".

Les victimes vont se porter partie civile dans le dossier et une première plainte pourrait être déposée dès la semaine prochaine, a-t-il dit en précisant qu'elles veulent avant tout "être parties prenantes à l'enquête".

A l'heure actuelle, la SNCF, qui s'est engagée à vérifier les 5.000 éclisses du même type sur son réseau, n'a pas décelé de risque pour la sécurité, selon Pierre Izard, directeur de la branche SNCF Infra chargée de l'entretien du réseau.

"Cette campagne de vérification était nécessaire et utile pour s'assurer de la situation des éclisses et des boulonnages comparables", a-t-il précisé.

Marine Pennetier, avec Chine Labbé, édité par Yves Clarisse

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  • pichou59 le mercredi 24 juil 2013 à 19:52

    PARIS (Reuters) - Deux passagers de l'accident ferroviaire de Brétigny-sur-Orge (Essonne) ont été dévalisés le 12 juillet et un médecin du Samu s'est fait voler son téléphone portable, a déclaré mercredi le procureur de la République d'Evry.