Ouverture au Vatican du procès sur les fuites de documents

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    par Philip Pullella 
    CITE DU VATICAN, 24 novembre (Reuters) - Cinq personnes, 
dont deux journalistes italiens, ont comparu mardi devant un 
tribunal du Vatican pour avoir transmis ou publié des documents 
confidentiels du Saint-Siège, un procès dénoncé par les 
organisations de défense des droits.  
    En arrivant au Vatican, les deux journalistes, Gianluigi 
Nuzzi et Emiliano Fittipaldi, ont nié toute activité illicite, 
estimant n'avoir fait que leur travail. 
    C'est la publication récente en Italie de deux livres signés 
par les deux hommes, décrivant un Vatican où la volonté 
réformatrice du pape François se heurte à une vive résistance, 
qui est à l'origine de ce procès.  
    Ces ouvrages parus début novembre, intitulés "Via Crucis" de 
Gianluigi Nuzzi ("Chemin de croix" dans sa version française) et 
"Avarizia" d'Emiliano Fittipaldi, ont embarrassé et agacé le 
siège de l'Eglise catholique, qui a estimé que ces informations 
auraient dû rester entre les murs du Saint-Siège. 
    Ces fuites constituent l'un des plus grands scandales 
internes auxquels doit faire face François depuis son élection 
en mars 2013 et rappellent le scandale "Vatileaks" qui avait 
précédé la démission de son prédécesseur Benoît XVI. La presse 
italienne parle d'ailleurs de "Vatileaks II". 
    Selon les procureurs, trois responsables du Vatican ont 
formé une "association criminelle organisée" avec l'objectif de 
"divulguer des informations et des documents concernant les 
intérêts fondamentaux du Saint-Siège et de l'Etat". 
    Deux d'entre eux avaient été arrêtés au début du mois. Il 
s'agit de Mgr Lucio Angel Vallejo Balda, un Espagnol de 54 ans 
qui est le secrétaire -- numéro deux -- de la préfecture des 
affaires économiques du Saint-Siège, et d'une laïque italienne, 
Francesca Chaouqui, spécialiste en relations publiques, qui a 
été relâchée par la suite après avoir accepté de coopérer. 
     
    PROTESTATIONS DE L'OSCE 
    Mgr Vallejo Balda et Francesca Chaouqui appartiennent tous 
deux à la commission mise en place en 2013 par le pape François, 
peu après son élection, pour réfléchir à une réforme de la 
Curie, l'administration vaticane. Cette commission a achevé son 
travail l'an dernier et a remis son rapport au pape. 
    Le troisième individu mis en cause est Nicola Maio, un 
assistant de Mgr Vallejo Balda.  
    Gianluigi Nuzzi et Emiliano Fittipaldi seront quant à eux 
jugés pour avoir tous les deux "exercé des pressions, en 
particulier sur Vallejo Balda, afin d'obtenir des documents et 
des informations secrets", dit le tribunal du Vatican. 
    Les deux journalistes se plaignent d'avoir été obligés 
d'accepter des avocats accrédités par le Vatican et de ne pas 
avoir pu prendre d'avocats italiens.  
    Les cinq accusés risquent jusqu'à huit ans de prison. 
    Lundi, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en 
Europe (OSCE) a exhorté le Saint-Siège à retirer ses charges.  
    "Les journalistes doivent être libres de rendre compte de 
questions d'intérêt public et de protéger leurs sources 
confidentielles", a déclaré la représentante de l'OSCE pour la 
liberté des médias, Dunja Mijatovic.  
    La Fédération des journalistes italiens et l'Aigav, 
l'association des journalistes accrédités au Vatican, ont 
également condamné la mise en accusation de Nuzzi et Fittipaldi. 
    "Nous devons souligner que publier des informations est 
précisément notre métier", a déclaré l'Aigav, parlant de la 
décision "inacceptable" de juger les deux journalistes.   
 
 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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