Oui, on trouve aussi des fruits et légumes locaux dans des distributeurs !

le
0

SÉRIE #SANSSUPERMARCHÉ 4/5 - Repenser notre façon de consommer en se passant de la grande distribution pourrait être une solution à la crise agricole. Une journaliste de la rédaction du Figaro.fr a relevé le défi des internautes de ne plus se rendre dans les grandes surfaces. Lors de cette troisième semaine d'expérience participative, elle a trouvé son bonheur au bout du champ !

En pleine crise du secteur agricole, j'ai décidé de relever un défi lancé par les internautes: celui de ne plus mettre les pieds dans un supermarché pendant un mois. L'expérience gustative et participative vise à privilégier les circuits courts pour soutenir les producteurs. Repenser notre façon de consommer en se passant de la grande distribution pourrait en effet être une solution à la grave crise que traverse le secteur. Mais est-ce réaliste, compliqué, coûteux de bannir les grandes surfaces de notre quotidien?

Lors de cette troisième semaine de vie sans supermarché, j'ai pu tester plusieurs solutions de ventes de produits locaux sur les conseils avisés des internautes.

● La consommation locale en distributeurs

La première semaine, je m'étais rendue sur des marchés de producteurs et épiceries paysannes pour acheter légumes, fruits, viande et poisson. Humainement, cette solution avait été extrêmement enrichissante mais cela prend du temps. La deuxième semaine, j'ai testé une place de marché en ligne, un gain de temps et aussi d'argent par rapport aux grandes surfaces.

Cette semaine, sur vos conseils (merci @maiteSellignan, @idefoucaud et @Lucile_Quillet), j'ai testé une solution intermédiaire. Je suis allée au bout du champ (à Paris) pour acheter mes fruits et légumes! Cette enseigne propose des produits locaux en libre service et disposés dans des casiers. Les produits sont ainsi vendus via des distributeurs non pas de barres chocolatés ni de sodas mais de fruits et légumes issus des petits producteurs dans un rayon de 100 km autour de Paris...si, si c'est possible!

Il n'y a pas de comptoir et même parfois pas de vendeur pour vous accueillir. L'avantage est que l'on peut se rendre en boutique à n'importe quelle heure ou presque en se procurant des fruits et légumes à des prix abordables. «Les produits sont très frais car ils sont renouvelés tous les jours», précise Julien Adam, co-fondateur d'Au Bout Du Champ.

Il existe trois points de vente en Ile-de-France dont un magasin dans le 18e arrondissement.

La boutique ne désemplit pas, nouvelle preuve de l'engouement des consommateurs pour des produits locaux dont on connaît la provenance.

Au total, j'ai dépensé 17 euros de légumes et produits locaux transformés.

Au bout du champ propose des fruits et légumes - certains sont bio et les autres proviennent de petites exploitations franciliennes - et des produits d'épicerie, mais il n'y a pas de viande ni de produits laitiers. Je suis donc retournée dans les commerces de proximité et finalement on peut aussi y faire quelques bonnes affaires!

● Les plats à préparer

En fin de semaine, j'ai également testé une autre solution, un intermédiaire entre le restaurant et la cuisine à domicile. Il s'agit d'un panier de plusieurs menus à faire soi-même. Tous les ingrédients nécessaires à la réalisation de ces menus sont disposés dans un carton livré à domicile par Fodette (ou dans un point relais).

Les produits issus des fermes d'Ile-de-France sont compartimentés par recette et disposés dans des papiers kraft.

Les ingrédients pour le plat pad thai ...

...Après 30 minutes de préparation.

Les ingrédients pour les lasagnes chèvre/kale...

...Après 20 minutes de cuisson et autant de préparation.

Un panier de 4 repas pour deux personnes coûte 65 euros (ou 58 euros si le panier est retiré en point relais) mais les portions sont généreuses et l'on fait facilement un repas de plus avec les restes:-)

● Les circuits courts moins onéreux que les supermarchés

Au total pour la semaine, j'ai donc dépensé: 17 euros en épicerie paysanne, 32 euros en panier préparé (le prix est divisé par deux car j'ai commandé le panier entre deux semaines) et un peu moins de 9 euros de fromage, soit 57 euros. Comme pour les deux précédentes semaines, j'ai donc dépensé moins en achetant mes produits en dehors des grandes surfaces. Au début de l'expérience, j'avais en effet calculé que je dépensais 80 euros par semaine pour des achats effectués en supermarché.

Après trois semaines d'expérience, je comprends un peu mieux pourquoi je dépense moins en me passant des grandes surfaces. Premièrement, après un rapide comparatif, j'ai constaté que les fruits et légumes sont moins chers lorsqu'on s'approvisionne directement auprès des producteurs et ils restent moins onéreux en circuits courts.

Par ailleurs, les offres de produits sont plus limitées via les circuits courts. Nous ne sommes donc pas tentés par des achats superflus et parfois inutiles ou des offres mirobolantes qui ne le sont pas toujours... Il y a donc moins de gâchis et on est incité à consommer de manière plus raisonnable.

En outre, en ne me procurant que des produits locaux, je réapprends à manger des produits de saison, qui n'ont pas fait trois fois le tour du monde avant d'arriver dans mon assiette! Au-delà de la dimension écologique, il y a évidemment un aspect économique qui se répercute sur mon budget alimentaire.

● Les cosmétiques maison

L'un de mes défis de la semaine était de trouver un moyen de faire ses propres cosmétiques. Sur vos conseils, je me suis rendue au salon du «vivre autrement» pour y trouver des réponses.

J'ai ainsi pu suivre l'atelier d'un biologiste.

Le fabricant-artisan de produits de beauté explique comment réaliser simplement des huiles nettoyantes et des crèmes hydratantes.

Le docteur donne en outre une recette de dentifrice et m'apprend, au passage, que le fluor est toxique et constitue un véritable poison pour les enfants.

Je mettrai ces conseils à exécution la semaine prochaine et testerai quelques produits.

● Appel à témoins

En revanche, le problème des papiers persiste! Bien que je sois prête à tenter de faire mes cosmétiques moi-même, je ne me vois pas adopter des alternatives au papier toillette! Des internautes m'ont conseillé différentes solutions dont des lingettes lavables mais je vais devoir continuer à acheter du papier toilette en grande surface, dans les biocoop.

Un peu dépassée par le succès de l'expérience, je n'ai pas pu tester tous les bons plans que vous m'avez transmis. Vous pouvez toutefois continuer à nous transmettre vos solutions et astuces. En effet, nous préparons un webdocumentaire participatif sur le thème de la consommation alternative, hors des supermarchés. Nous avons donc besoin de vos témoignages! Pouvez-vous nous expliquer comment vous faites pour vous passer des supermarchés, quelles sont vos astuces? Pour ce faire, envoyez-nous vos vidéos et partager vos bons plans. A vos smartphones!

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant