"Oui, mais" d'une partie de la droite à la réforme Khomri

le
0
SOUTIEN SOUS CONDITION D'UNE PARTIE DE LA DROITE AU PROJET EL KHOMRI
SOUTIEN SOUS CONDITION D'UNE PARTIE DE LA DROITE AU PROJET EL KHOMRI

PARIS (Reuters) - Le gouvernement est tiraillé entre sa volonté d'amadouer les opposants à la réforme du travail, au prix d'amendements, et désormais l'appui conditionnel d'une partie de l'opposition qui le met en garde contre un affadissement du texte.

Les soutiens au projet de loi porté par la ministre du Travail Myriam El Khomri s'étendent à droite et au centre, où quinze députés annoncent vendredi leur intention de voter le texte "en l'état". A tel point que l'écologiste Jean-Vincent Placé, secrétaire d'Etat à la Réforme de l'Etat, se dit "plus à l'aise" avec la droite sur les dossiers économiques.

"C'est le scénario cauchemar. Le soutien enthousiaste de députés manifestement de droite et se revendiquant comme tels, pour un texte de ce type, n'est pas extrêmement rassurant pour la gauche", a réagi vendredi sur LCP le député radical de gauche Roger-Gérard Schwartzenberg, membre de la majorité.

"Il faut que le gouvernement et la majorité parlementaire tombent d'accord sur un texte consensuel. (...) Ce n'est pas la peine que la deuxième gauche se transforme en deuxième droite", a ajouté l'ancien ministre de Lionel Jospin.

Le député (les Républicains) Bruno Le Maire, candidat à la primaire de la droite et du centre, avait déjà pris position pour la réforme jeudi, mais sans modification, de même que le député LR François Fillon, également candidat, qui se dit prêt à en voter des dispositions.

"C'est un texte fourre-tout, avec le risque, à la fin, comme pour la loi Macron, qu'il n'en reste presque rien. Mais c'est incontestablement un texte qui va dans le bon sens", déclare-t-il dans une interview parue vendredi dans Les Echos.

LE FOLL ÉVOQUE DE POSSIBLES MODIFICATIONS

L'ancien Premier ministre Alain Juppé, favori pour l'investiture présidentielle à droite, a pour sa part salué jeudi soir sur BFM TV "des choses qui vont dans le bon sens" tout en déplorant une réforme "improvisée, mal préparée, mal équilibrée".

Le maire de Bordeaux n'est pas député, mais l'un de ses fidèles, le député Benoist Apparu, appose sa signature aux côtés de 14 autres élus qui se disent prêts à voter le projet gouvernemental "s'il n'est pas édulcoré".

"Le projet de loi Travail risque d'être mort-né", écrivent les signataires au nombre desquels figurent également Nathalie Kosciusko-Morizet (LR), Axel Poniatowski (LR) ou les centristes Jean-Christophe Fromantin et Philippe Vigier.

"Deux choix s'offrent au gouvernement : passer la réforme en force, comme l'a évoqué la ministre du Travail, ou offrir à ses opposants des contreparties qui anéantiraient son efficacité", déclarent-il.

"Nous, parlementaires de l'opposition, pourrons voter ce texte s'il est présenté en l'état, et mettons en garde le gouvernement contre tout affaiblissement de ce projet de loi", ajoutent-ils.

Or le porte-parole du gouvernement, à la suite de Myriam El Khomri, a laissé entendre vendredi qu'il serait tenu compte des "remarques" des syndicats réformistes -- la CFDT au premier chef -- afin d'obtenir leur appui.

"Il y aura un débat, et je le dis avec le souci de tenir compte de ce que sont un certain nombre de remarques, en particulier de syndicats qui assument (...) le réformisme, qui ont pris des engagements, qui ont été souvent à tous les rendez-vous", a dit Stéphane Le Foll sur France Info.

Le projet de loi sera présenté le 9 mars en conseil des ministres et Myriam El Khomri reçoit depuis plusieurs jours les syndicats pour débattre des points de friction.

La pétition en ligne contre le texte avait recueilli vendredi à 11h30 plus de 616.000 signatures.

(Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant