Orthographe : Proust et Balzac écrivaient « nénufar » !

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« Et donc Chloé, dans l'Ecume des jours, elle va avoir un nénufar dans le poumon ? » s'interroge, effarée, sur Twitter, une internaute connaisseuse de l'œuvre de Boris Vian, très remontée contre les nouvelles normes orthographiques qui invitent à laisser tomber le « ph » des fleurs des mares au profit d'un simple « f ». Comme elle, depuis trois jours, de nombreux amoureux de la langue s'émeuvent de cette règle édictée parmi d'autres en 1990 par l'Académie française, et qui sera mise en pratique par tous les éditeurs de manuels scolaires à la rentrée, suite à une recommandation du ministère de l'Education nationale parue en novembre au bulletin officiel.

Mais ce que les indignés de l'orthographe ignorent, c'est que la plante préférée des grenouilles s'est presque toujours écrite avec un... « f » ! De Balzac dans sa « Comédie humaine », à Chateaubriand dans « le Génie du christianisme », en passant par Marcel Proust, tous les nénuphars de la grande littérature se sont écrits « nénufars »... jusqu'en 1936, date de la dernière révision orthographique de l'Académie française, avant celle de 1990. « On pensait à l'époque que la plante était de la même famille que les nymphéas, qui ont une origine grecque et prennent ce ph qui correspond au phi grec. En fait, nénufar vient du persan », explique Delphine Guichard, professeur des écoles et passionnée de français, qui a publié un article documenté sur le sujet sur son blog*. En 1936, comme aujourd'hui, « une lettre a été envoyée aux instituteurs pour qu'ils fassent appliquer les nouvelles normes, et le nénufar est progressivement devenu nénuphar », poursuit l'enseignante.

Les deux écritures autorisées

Depuis, la science a fait des progrès, et montré que nymphéas et nénuphars n'avaient, botaniquement et étymologiquement parlant, pas grand-chose en commun. « La décision de l'Académie de ...

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