Orlando: Les enquêteurs étudient la thèse de l'homosexualité du tueur

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    par Letitia Stein et Peter  Eisler 
    ORLANDO, Floride, 14 juin (Reuters) - Les agents fédéraux 
américains examinent la possibilité qu'Omar Mateen, l'auteur du 
massacre dans une discothèque gay d'Orlando dans la nuit de 
samedi à dimanche, ait été en secret homosexuel, a-t-on appris 
mardi auprès de sources proches de l'enquête qui vont jusqu'à 
évoquer un geste de "haine contre soi-même". 
    Les motivations du tueur, qui a abattu 49 personnes à 
l'intérieur du Pulse et s'est revendiqué de l'Etat islamique, 
demeurent pour l'instant peu claires pour les enquêteurs qui 
estiment avec "un fort degré de certitude" qu'il s'est 
radicalisé grâce à de la propagande consultée sur internet. 
    En l'état actuel de l'enquête, il n'a pas pu être établi non 
plus si l'homme, âgé de 29 ans, né à New York de parents 
d'origine afghane, avait bénéficié d'une aide extérieure pour 
commettre son attaque, la plus meurtrière fusillade de masse de 
l'histoire américaine. 
    Interrogée par le FBI avec lequel elle collabore, la femme 
d'Omar Mateen, Noor Salam, a indiqué qu'elle avait tenté de le 
dissuader de commettre cette attaque, rapporte mardi la chaîne 
de télévision MSNBC citant des responsables informés du contenu 
de l'interrogatoire. 
    Peu après la tragédie, le père de Mateen avait déclaré que 
son fils avait développé de violents sentiments homophobes. Il a 
notamment raconté comment il avait réagi avec colère en voyant 
deux hommes s'embrasser dans le centre de Miami où il se 
trouvait avec sa femme et son fils. 
    L'hypothèse qu'Omar Mateen ait été lui-même homosexuel en 
secret est examinée après la publication dans la presse de 
témoignages d'hommes habitués du Pulse affirmant l'avoir vu dans 
l'établissement avant l'attaque. 
    Un artiste se produisant au Parliament House, un autre club 
gay de la ville, a déclaré l'avoir vu quelques fois au Pulse, le 
plus souvent accompagné par un ami. Il ne l'avait pas vu depuis 
deux ans, a-t-il toutefois précisé. 
    Une autre source a indiqué à Reuters qu'Omar Mateen n'était 
pas un habitué de la boîte de nuit. Un serveur travaillant dans 
un club affilié au Pulse où il se rendait ses soirs de congé a 
démenti que Mateen ait été un client régulier des lieux. 
    Deux responsables américains, s'exprimant sous le sceau de 
l'anonymat ont évoqué la possibilité que Mateen ait mené une 
double vie et qu'il ait été animé de pulsions homosexuelles peu 
compatibles avec ses convictions religieuses.  
    L'un d'eux a avancé l'idée que cette situation ait pu être 
"un facteur" de passage à l'acte. "Il est encore trop tôt pour 
être catégorique. Il est inévitable que certaines pistes 
n'aboutissent pas mais nous devons au moins envisager la 
possibilité qu'il ait voulu agir en martyr pour obtenir une 
absolution dans ce qu'il percevait comme le cimetière de ses 
péchés", a-t-il dit. 
    Dans la nuit de samedi à dimanche, Mateen, qui travaillait 
comme agent de sécurité dans un lotissement privé de retraités, 
a appelé à plusieurs reprises les services d'urgence du 911, 
exprimant par ce biais son allégeance au chef du groupe Etat 
islamique (EI), Abou Bakr al Baghdadi. 
    Lors de ces appels, il a également revendiqué sa solidarité 
avec les frères d'origine tchétchène Djokhar et Tamerlan 
Tsarnaev, auteurs d'un attentat contre le marathon de Boston qui 
avait fait trois morts et 264 blessés en 2013. 
     
    CONTRÔLE DES ARMES 
    Mateen avait été interrogé en 2013 puis en 2014 par le FBI 
après que certains de ses collègues de travail s'étaient 
inquiétés de ses déclarations sur des liens entre sa famille et 
Al Qaïda ainsi que sur une appartenance au groupe islamiste du 
Hezbollah. 
    Pour autant, aucune preuve n'a pu être établie à l'appui de 
ces déclarations, a indiqué le directeur du FBI, James Comey, 
lundi. "Il n'est pas clairement établi pour le moment quel 
groupe terroriste il entendait soutenir", a-t-il expliqué. 
    L'Etat islamique a qualifié Omar Mateen de "soldat du 
califat" sans que, là encore, il ait pu être établi de liens 
avec l'organisation djihadiste. 
    Ce nouveau massacre, qui fait penser à ceux commis en 2012 à 
Aurora dans le Colorado et à Newtown dans le Connecticut, a 
incité le secrétaire à la Sécurité intérieure américaine, Jeh 
Johnson, à plaider mardi pour des mesures "significatives et 
responsables" de contrôle des armes à feu aux Etats-Unis. 
    "C'est une question de sécurité nationale", a commenté Jeh 
Johnson dans un entretien à CBS News. "Nous devons faire quelque 
chose. Nous devons réduire les possibilités pour les terroristes 
d'acquérir une arme dans ce pays."   
    Cette tuerie intervient en pleine campagne présidentielle, 
cristallisant les divergences entre la candidate démocrate 
présumée Hillary Clinton et le candidat probable républicain 
Donald Trump sur les moyens de garantir la sécurité intérieure. 
 
    VOIR AUSSI 
    LE POINT sur la tuerie d'Orlando:   
 
 (Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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