Orlando: Les enquêteurs étudient la thèse de l'homosexualité du tueur

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 (Actualisé avec Obama, NRA, sources proches de l'enquête) 
    par Letitia Stein et Peter  Eisler 
    ORLANDO, Floride, 14 juin (Reuters) - Les enquêteurs 
américains s'interrogent sur les mobiles de l'auteur de la 
tuerie commise ce week-end dans une boîte de nuit gay d'Orlando, 
un homme qui s'est manifestement rallié au djihadisme 
international mais refoulait peut-être aussi des tendances 
homosexuelles.  
    Les motivations d'Omar Mateen, qui a tué 49 personnes au 
Pulse et s'est réclamé de l'Etat islamique avant d'être abattu 
par les forces de l'ordre, semblent donc multiples mais les 
agents fédéraux sont convaincus qu'il s'est radicalisé seul sur 
internet et, pour le moment, rien n'indique que son geste ait 
été commandité de l'étranger. 
    "Il semble que c'était un jeune homme en colère, perturbé, 
instable, qui s'est radicalisé", a déclaré Barack Obama, 
s'adressant à la presse après une réunion avec ses conseillers à 
la sécurité.  
    Les agents fédéraux, qui viennent tout juste de commencer à 
examiner son téléphone et son matériel informatique, pensent 
qu'il consultait des sites djihadistes depuis deux ans, a-t-on 
appris de sources proches de l'enquête.   
    Interrogée par le FBI, avec lequel elle collabore, la femme 
d'Omar Mateen, Noor Salam, a assuré avoir tenté de le dissuader 
de commettre ce massacre, dont le bilan est sans précédent aux 
Etats-Unis, rapporte mardi la chaîne de télévision NBC News, 
citant d'autres sources proches de l'enquête. 
    Peu après la tragédie, le père de Mateen a déclaré que son 
fils était animé de violents sentiments homophobes. Il a 
notamment raconté qu'il s'était mis en colère en voyant deux 
hommes s'embrasser dans le centre de Miami, où il se trouvait 
avec sa femme et son fils. 
     
    MATEEN AURAIT FRÉQUENTÉ LE PULSE 
    L'hypothèse qu'Omar Mateen ait refoulé des tendances 
homosexuelles a été examinée après la publication de témoignages 
d'habitués du Pulse qui disent l'avoir vu dans l'établissement 
avant le jour de la tuerie. 
    Un artiste se produisant au Parliament House, un autre club 
gay de la ville, a déclaré l'avoir vu quelques fois au Pulse, le 
plus souvent accompagné d'un ami. Il ne l'avait pas vu depuis 
deux ans, a-t-il toutefois précisé. 
    Selon une autre source, Omar Mateen n'était pas un habitué 
de la boîte de nuit. Un serveur travaillant dans un club affilié 
au Pulse où il se rendait ses soirs de congé a démenti qu'il 
s'agissait d'un habitué.  
    Deux responsables américains s'exprimant sous le sceau de 
l'anonymat ont évoqué la possibilité que Mateen ait mené une 
double vie et qu'il ait été animé de pulsions homosexuelles 
incompatibles avec ses convictions religieuses.  
    L'un d'eux a avancé l'idée que cette situation ait pu être 
"un facteur" de passage à l'acte. "Il est encore trop tôt pour 
être catégorique. Il est inévitable que certaines pistes 
n'aboutissent pas mais nous devons au moins envisager la 
possibilité qu'il ait voulu agir en martyr pour obtenir une 
absolution dans ce qu'il percevait comme ses graves péchés", 
a-t-il dit. 
    Dans la nuit de samedi à dimanche, Mateen, qui travaillait 
comme agent de sécurité dans un lotissement privé pour 
retraités, a appelé à plusieurs reprises les services d'urgence 
du 911 pour revendiquer son appartenance à l'Etat islamique 
(EI). Il s'est également dit solidaire des frères d'origine 
tchétchène Djokhar et Tamerlan Tsarnaev, auteurs des attentats 
qui ont fait trois morts et 264 blessés en 2013 à l'arrivée du 
marathon de Boston. 
     
    OBAMA VEUT L'INTERDICTION DES ARMES DE GUERRE 
    Soulignant le fait qu'il a utilisé un fusil d'assaut, comme 
le couple qui a tué 14 personnes six mois plus tôt à San 
Bernardino, en Californie, Barack Obama a prié le Congrès de 
rétablir l'interdiction de la vente des armes de guerre.  
    "Les gens susceptibles d'entretenir des liens avec le 
terrorisme qui ne sont pas autorisés à prendre l'avion ne 
devraient pas être autorisés à acheter une arme. Rétablissez 
l'interdiction des fusils d'assaut. Faites en sorte qu'il soit 
plus difficile pour les terroristes d'utiliser ces armes pour 
nous tuer", a plaidé le président.  
    La vente des armes semi-automatiques avait été interdite en 
1994, mais la mesure a expiré en 2004 et n'a pas été reconduite. 
    "Les lois sur le contrôle des armes ne dissuadent pas les 
terroristes islamistes radicaux", a écrit Chris Cox, directeur 
exécutif de l'Institut pour l'action législative de la National 
Rifle Association (NRA), le très influent lobby américain des 
armes, dans une tribune publiée par USA Today avant le discours 
d'Obama.  
    Mateen avait été interrogé en 2013 puis en 2014 par le FBI, 
alerté par plusieurs de ses collègues qui s'inquiétaient de ses 
déclarations sur des liens entre sa famille et Al Qaïda ainsi 
que sur une appartenance au Hezbollah, le mouvement chiite 
pro-iranien. 
    Aucun élément n'est venu étayer ces allégations, a indiqué 
le directeur du FBI, James Comey, lundi. "Il n'est pas 
clairement établi pour le moment quel groupe terroriste il 
entendait soutenir", a-t-il expliqué. 
    L'Etat islamique a qualifié Omar Mateen de "soldat du 
califat", mais aucun lien n'a pu être formellement établi là non 
plus. 
     
    VOIR AUSSI 
    LE POINT sur la tuerie d'Orlando:   
 
 (Pierre Sérisier et Jean-Philippe Lefief pour le service 
français) 
 
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