Orlando-Le Sénat, Trump évoquent un contrôle des ventes d'armes

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    par Richard Cowan et Susan Cornwell 
    WASHINGTON, 16 juin (Reuters) - Les sénateurs américains, 
Donald Trump et certains membres du Parti républicains se sont 
montrés disposés mercredi à étudier des restrictions sur les 
ventes d'armes à feu, trois jours après l'assassinat de 49 
personnes à l'aide d'un fusil d'assaut et d'une arme de poing 
dans une discothèque gay d'Orlando en Floride. 
    Trump, probable candidat du Parti républicain à l'élection 
présidentielle du 8 novembre a annoncé qu'il allait rencontrer 
des représentants de la National Rifle Association (NRA), qui 
défend le droit de posséder des armes, pour évoquer avec eux 
l'idée d'en interdire la vente aux individus soupçonnés de 
terrorisme.  
    Le Sénat a entamé des discussions sur une interdiction des 
ventes d'armes à feu aux très nombreuses personnes qui figurent 
sur les listes de surveillance des Etats-Unis en raison de leurs 
liens présumés avec le terrorisme. 
    Si le Congrès des Etats-Unis devait voter une mesure de 
contrôle des armes à feu, ce serait une première depuis plus de 
20 ans. Une interdiction des armes d'assaut semi-automatiques, 
comme celle utilisée à Orlando, est entrée en vigueur en 1994. 
Venue à expiration en 2004, elle n'a pas été renouvelée.  
    Le sénateur John Cornyn, numéro deux des Républicains au 
Sénat, a confirmé s'être entretenu avec la sénatrice démocrate 
Dianne Feinstein se sont entretenus en privé mercredi sur un 
projet de loi de compromis interdisant la vente d'armes aux 
personnes fichées. 
    La sénatrice s'est montrée pessimiste sur l'issue des 
discussions. "Je ne pense pas que ça va marcher", a-t-elle dit à 
des journalistes, précisant qu'elle poursuivait les pourparlers 
avec d'autres législateurs. 
    Un autre sénateur républicain, Pat Toomey, travaille aussi à 
un projet de loi interdisant la vente d'armes aux individus 
fichés, a annoncé une association pour le contrôle des armes. Le 
sénateur a appelé au compromis, jugeant qu'il fallait saisir 
l'opportunité d'un accord.  
    "Il y a une occasion évidente en ce moment (...) pour 
travailler ensemble et trouver une solution", a-t-il dit à la 
Chambre. 
     
    "ENNEMIS DE L'ETAT" 
    Les tentatives de faire adopter des mesures de contrôle des 
armes à feu, dans le sillage d'autres tueries de masse et à 
l'initiative du président Barack Obama, ont été bloquées dans le 
passé par les républicains, alliés à la NRA. 
    Donald Trump entend discuter avec l'organisation, véritable 
clé de voûte de la défense du droit à porter une arme, qui se 
place sous la protection du deuxième amendement de la 
Constitution américaine.  
    "Je vais parler avec la NRA, qui me soutient, d'empêcher les 
gens fichés pour terrorisme ou qui ont interdiction de prendre 
l'avion d'acheter des armes", a dit le milliardaire. 
    L'organisation s'est dite "heureuse de rencontrer" Donald 
Trump, dont elle soutient la candidature. 
    Après avoir jugé la veille qu'un tel projet serait 
"inefficace ou inconstitutionnel, voire les deux à la fois", 
l'association convient mercredi dans un communiqué que "les 
terroristes ne doivent pas être autorisés à posséder des armes". 
    Les individus figurant sur des listes noires qui cherchent à 
en acheter doivent au préalable "faire l'objet d'enquêtes en 
profondeur", poursuit-elle, ajoutant que des "mesures de 
protection" doivent être adoptées pour permettre à ceux qui 
figurent injustement sur ces listes d'en être rayés.  
    Donald Trump a promis le mois dernier lors d'un congrès de 
la NRA, de défendre le droit de posséder des armes et a accusé 
sa rivale démocrate Hillary Clinton de vouloir l'abolir.  
    Il s'était toutefois prononcé en novembre en faveur d'une 
interdiction pour les "ennemis de l'Etat" et les suspects "sous 
surveillance".  
    Le gouvernement américain tient à jour deux listes de 
personnes fichées, la première recense les individus interdits 
de prendre l'avion depuis et à destination des Etats-Unis, la 
seconde les voyageurs soumis à des contrôles accrus aux 
frontières et dans les aéroports. 
    Le tueur d'Orlando, Omar Mateen, a un temps été sur la 
seconde qui comprenait 800.000 noms en 2014. 
    Le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest a estimé 
qu'il était trop tôt pour déterminer si les républicains 
soutiendraient une décision "de bon sens" allant dans ce sens. 
 
 (Avec Susan Heavey; Jean-Philippe Lefief et Julie Carriat pour 
le service français, édité par Danielle Rouquié) 
 
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