Orelsan se défend devant la justice de toute misogynie

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LE RAPPEUR ORELSAN SE DÉFEND DEVANT LA JUSTICE DE TOUTE MISOGYNIE
LE RAPPEUR ORELSAN SE DÉFEND DEVANT LA JUSTICE DE TOUTE MISOGYNIE

PARIS (Reuters) - Le rappeur normand Orelsan s'est défendu jeudi de toute misogynie devant le tribunal correctionnel de Paris, appelant la justice à faire valoir la liberté de création.

À 30 ans, et avec deux albums à son actif, l'artiste s'est attiré les foudres des féministes pour des chansons jugées injurieuses à l'égard des femmes par certaines associations.

Déjà poursuivi, mais relaxé, en 2009 par le mouvement Ni Putes ni Soumises, il comparaissait cette fois pour injure publique et incitation à la haine et à la violence envers des personnes en raison de leur sexe.

"En fonction de la façon dont on coupe les paroles, on peut faire dire n'importe quoi (...) Je ne suis pas en train de faire un discours politique", a déclaré Orelsan devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

"Ça reste une oeuvre, et je pense qu'en France on a la liberté de création (...) Si j'ai envie de jouer un personnage misogyne, je pourrais", a-t-il ajouté, assurant toutefois que ça n'était pas le cas.

Cinq associations de défense des droits des femmes ont déposé en août 2009 une plainte avec constitution de partie civile à son encontre, visant des propos extraits de huit de ses chansons, tels qu'interprétés lors d'un concert en 2009 au Bataclan, à Paris.

"RETOUR À PLUSIEURS SIÈCLES EN ARRIÈRE"

"C'est l'image de la femme qui est bafouée dans toutes ses chansons", a plaidé Me Alain Weber, avocat des parties civiles.

"Il n'y a aucune distance, il n'y a aucune respiration, ce n'est pas du second degré", a-t-il ajouté, en réclamant un euro de dommages et intérêts et la publication de sa condamnation dans les grands journaux nationaux.

Orelsan a opposé sa génération à celle des plaignants, estimant ne pas avoir "la même culture".

Si certaines images de la femme et certains termes, comme celui de "chienne", reviennent dans ses chansons, c'est au même titre que la violence chez des réalisateurs de films comme Stanley Kubrick, a-t-il dit.

"C'est un retour à plusieurs siècles en arrière qu'on vous demande d'effectuer", a lancé à la présidente son avocat, Me Simon Tahar. "Nous sommes en présence de huit oeuvres de fiction (...) l'art est provocateur, l'art est source de choc."

Le ministère public a estimé que les propos incriminés n'étaient pas pénalement répréhensibles. Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 25 avril.

Chine Labbé, édité par Yann Le Guernigou

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