Orban veut rendre "irréversible" la transformation de la Hongrie

le
0
    par Marton Dunai 
    BUDAPEST, 12 novembre (Reuters) - Le Premier ministre 
conservateur hongrois Viktor Orban a accepté dimanche de briguer 
l'an prochain un nouveau mandat de quatre ans à la tête du 
gouvernement en souhaitant transformer son pays de manière 
"irréversible".   
    Viktor Orban a été réélu pour deux ans à la présidence du 
Fidesz à l'unanimité des 1.358 délégués présents au congrès du 
parti. 
    A cinq mois des élections législatives, le dirigeant 
nationaliste qui défie régulièrement l'Union européenne en 
faisant campagne contre l'immigration et en exerçant un large 
contrôle sur la justice et les médias, devance largement tous 
ses rivaux et paraît certain d'obtenir facilement un troisième 
mandat consécutif.  
    "L'humeur n'est pas au changement de gouvernement en 
Hongrie, plutôt au changement d'opposition", a-t-il dit sous les 
rires et applaudissements de l'assistance, par allusion aux 
divisions du centre-gauche.   
    Les sondages montrent que la gauche sera probablement battue 
par le parti d'extrême droite Jobbik lors des législatives. 
    "Nous devons travailler quatre ans de plus pour consolider 
nos réalisations jusqu'au stade où elles seront irréversibles", 
a encore déclaré Viktor Orban.  
    Agé de 54 ans, le dirigeant conservateur est populaire dans 
son pays, particulièrement depuis qu'il s'est opposé à l'entrée 
de réfugiés sur le territoire hongrois lors de la crise 
migratoire de 2015.  
    Le Premier ministre rejette les critiques des pays 
occidentaux qui jugent que sa politique "ethno-nationaliste" 
érode les principes démocratiques.  
    Il estime que l'hostilité envers lui et le Fidesz s'inscrit 
dans un complot ourdi par le financier américano-hongrois George 
Soros, qui milite à travers le monde en faveur d'une "société 
ouverte".  
    Dans son discours devant le congrès du Fidesz, Viktor Orban 
a déclaré qu'il luttait contre les opinions "mondialistes" qui 
menacent selon lui les nations chrétiennes de l'Union européenne 
et leurs fondations morales.  
    "Certains pays en Europe ont décidé de dépasser la 
chrétienté et leur propre caractère national", a-t-il dit. "Ils 
veulent entrer dans une ère post-chrétienne, post-nationale."  
    "Pour exécuter le projet de Soros, ils veulent chasser les 
gouvernements qui représentent les intérêts nationaux à travers 
l'Europe, ce qui nous inclut. Ils agissent comme le faisaient 
les agents de l'agitprop soviétique. Nous qui sommes de vieux 
grognards, nous les reconnaissons à leur odeur", a ajouté le 
Premier ministre hongrois.   
 
 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant