Orban prône une refonte des traités fondateurs de l'Union

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(actualisé avec précisions, déclarations) BUDAPEST, 20 novembre (Reuters) - Les défis auxquels l'Union européenne est confrontée sont d'une telle intensité que le bloc communautaire doit se pencher sur ses traités fondateurs au risque d'assister à une radicalisation politique à l'échelle du continent, a déclaré vendredi le Premier ministre hongrois, Viktor Orban. Interrogé sur une proposition néerlandaise visant à créer un "mini-Schengen", le chef du gouvernement a répondu que cet espace de libre circulation faisait précisément partie des nombreux aspects de la construction communautaire qui ont fait preuve de leur inefficacité et qui nécessitent d'être réformés. Ce projet néerlandais, qui propose la mise en oeuvre de contrôles d'identité aux frontières de plusieurs pays d'Europe occidentale dans le but de mieux contrôler les flux de réfugiés et de migrants, est distinct des propositions françaises de contrôle systématique aux frontières extérieures de l'espace Schengen que les ministres de l'Intérieur de l'UE devaient entériner ce vendredi dans le contexte des attentats de Paris et Saint-Denis (voir ID:nL8N13E35A et ID:nL8N13E372 ) Pour Orban, la crise des migrants et l'accroissement des risques liés au terrorisme justifient un durcissement des règles de sécurité et de contrôles aux frontières, de même que la crise financière a appelé une coordination des politiques budgétaires dans la zone euro. "Une série d'événements qui se sont produits au cours des six ou sept dernières années poussent des dirigeants européens à repenser les aspects fondamentaux des politiques européennes", a déclaré Orban au micro de la radio publique hongroise. "Le traité de Schengen réclame une rectification", a-t-il dit. Entrés en vigueur en 1995 et progressivement étendus, les accords de Schengen ont supprimé les contrôles aux frontières intérieures et renforcé la coopération policière à 26 pays, pour la plupart membres de l'Union européenne (voir ID:nL8N13F1CO ). "Il est hautement probable que nous devrons ajuster les traités fondamentaux de l'UE", a-t-il poursuivi. "Si vous repensez à la crise financière grecque et aux réponses que nous avons apportées, la situation est la même. Si nous voulons nous opposer à la menace du terrorisme, nous devons faire la même chose. Si nous ne voulons pas que l'immigration érode la sécurité publique, il nous faut de nouvelles règles. "Je pense que le moment est venu de reposer une fois de plus les questions fondamentales de l'Union européenne." Si les Etats européens ne se montrent pas à la hauteur des défis, alors, prévient-il, il faudra s'attendre à "une amplification des forces radicales, extrémistes et anti-système qui remettent en cause l'actuel système européen mais qui appellent un chat un chat". (Marton Dunai; Nicolas Delame et Henri-Pierre André pour le service français)

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