Orange: se tire relativement bien de l'échec de la fusion.

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(CercleFinance.com) - Maintenant que l'échec des négociations qui aurait pu mener à la fusion d'Orange et Bouygues Telecom est passé, la poussière retombe en Bourse dans le secteur. Paradoxalement, aux yeux des investisseurs, l'ex-France Telecom n'est pas celui qui a le plus à perdre.

Décidément, la mariée Bouygues Telecom est bien difficile à assortir : après avoir refusé mi 2015 une offre à dix milliards d'euros de la part de Numericable-SFR, Bouygues Telecom vient donc de manquer une alliance avec l'ex-France Telecom malgré trois mois de négociations. Dans les colonnes du Figaro, Martin Bouygues a indiqué, sans toutefois le nommer, que Xavier Niel, le patron d'Iliad, était la cause de l'échec des négociations. Dur en affaires M. Niel n'aurait pas proposé assez pour reprendre une des parties de Bouygues Telecom que pour des raisons concurrentielles, Orange n'aurait pas pu garder. Voire. L'agence Bloomberg, elle, rapporte que l'Etat et Bouygues auraient eu du mal à trouver un accord sur le niveau de participation de Bouygues dans le “nouvel Orange”.

Qui qu'il en soit, affirme-t-on chez Bouygues, “Bouygues Telecom poursuivra sa stratégie stand alone qui a permis d'ores et déjà un retour à la croissance du chiffre d'affaires et de l'Ebitda dès 2015.” La France continuera donc de compter quatre opérateurs mobiles, et la concurrence restera donc forte dans le secteur. Du moins à court terme car plusieurs analystes estiment que face aux investissements nécessaires, Bouygues Telecom, qui a terminé l'année 2015 sur des pertes, sera de nouveau à vendre tôt ou tard. Après les 10 milliards de Numericable-SFR l'an dernier, des courtiers évoquaient une valorisation implicite de 8 milliards d'euros pour Bouygues Telecom lors des discussions avec Orange, sachant que sa valeur comptable est de l'ordre de 6 milliards. A suivre.

Quel bilan boursier peut-on tirer de l'opération ? Sur les cinq dernières séances, caractérisées pour l'indice généraliste EuroStoxx 50 par un recul de l'ordre de 5%, Numericable-SFR baisse de 22,8% (sa maison mère Altice, à Amsterdam, perd 15,1%), suivi par Bouygues (- 20,7%) et Iliad (- 19,4%). Orange, lui, se contente de reculer de 9,1%.

La Bourse semble donc considérer qu'Orange, qui était pourtant à la manoeuvre, devrait moins souffrir que ses concurrents de l'échec de l'opération. Il faut dire que le schéma envisagé tel que la presse le rapportait était curieux. En effet, le poids concurrentiel d'Orange et de Bouygues Telecom est considérable : tous secteurs confondus, ils affichent ensemble une part de marché cumulée de l'ordre de 50% en France. Orange aurait donc dû revendre une bonne moitié de l'actif acheté, supportant ainsi les risques afférents, en termes de réalisation effective des 'deals' que de leur prix. Au final, la Bourse semble considérer que la fusion d'Orange et de Bouygues Telecom aurait surtout profité à Iliad et Numericable-SFR. Et bien sûr à Bouygues.

EG


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