Orange: pas Bouygues Telecom ni l'Italie, mais l'Iran ?

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(CercleFinance.com) - Décidément, l'extension du périmètre d'Orange est une recette qui se cuisine à toutes les sauces. Mais plutôt que son marché domestique, la France, ou l'Europe, l'opérateur télécoms historique semble plutôt s'intéresser à un grand pays émergent du Moyen-Orient dont la situation politique se normalise : l'Iran.

En effet, jusqu'au printemps dernier, les rumeurs qui entouraient Orange pointaient (presque) toutes en direction de son marché national : toute la fin de 2015 et le début de 2016 ont été rythmées par des informations sur des négociations pouvant mener à une fusion de l'ex-France Telecom et de la filiale téléphoniques du groupe Bouygues. Ce qui aurait réduit de quatre à trois le nombre d'opérateurs mobiles en France, sauf éventuel avis contraire des autorités de régulation.

Mais un accord n'a pu être trouvé entre les parties concernées (Orange, l'Etat son actionnaire à 23%, Bouygues Telecom, voire Iliad et Numericable-SFR) et le 1er avril, ce schéma de “concentration française” tombait à l'eau.

Par la suite, alors que la 'stratégie télécoms' de Vivendi, qui s'est assuré du quart du capital de Telecom Italia, suscite autant de perplexité que de questionnements, des informations ont prêté à Orange l'intention de se rapprocher de l'opérateur historique italien. Avec évidemment Vivendi, dont le groupe Bolloré est devenu le premier actionnaire avec 15,4% des parts, et ses contenus dans la boucle. Sans plus de succès, du moins pour l'instant, pour cette 'rumeur européenne' qui chez Orange a pris la suite de la “rumeur française”.

Et voilà qu'Orange a pris tout le monde de court en confirmant, ce 1er septembre, qu'il avait entamé des négociations avec le premier opérateur mobile d'Iran, MCI (Mobile Telecommunication Co. of Iran). Il s'agirait d'abord de discussions “commerciales et techniques”, mais Orange n'a pas expressément démenti le projet de prise de participation au capital de MCI que lui prête aussi le Wall Street Journal.

Pourquoi l'Iran ? D'abord sans doute car il fait partie du club très fermé des pays émergents du Moyen-Orient dont la population dépasse les 80 millions d'habitants, entre l'Egypte (où Orange est déjà présent) et la Turquie.

De plus, avec la levée progressive des sanctions internationales, l'Iran redevient enfin “fréquentable” par les grands groupes occidentaux. Même s'il faut compter avec la présence tentaculaire, dans l'économie iranienne, d'intérêts liés de près ou de loin aux Gardiens de la révolution, ou Pasdarans, cette sorte d'élite idéologisée - et affairiste - de l'armée iranienne. Ce qui ne doit pas être sous-estimé car les Etats-Unis considèrent toujours que les Pasdarans ont partie liée avec le terrorisme, et qu'ils les sanctionnent à ce titre. Prudence.

Pourquoi MCI ? Alors que le taux d'équipements en mobile de la population iranienne atteint 130%, il est l'acteur dominant : MCI contrôle 60% du marché mobile iranien, ce qui correspond à près de 78 millions de cartes SIM, rapporte le Wall Street Journal.

Le cas échéant, Orange pourrait renforcer sa division Afrique & Moyen-Orient, qui est plus dynamique et plus rentable que la moyenne du groupe. Ainsi au premier semestre, cette branche concentrait 2,5 milliards de CA (+ 3,3% en données comparables, contre + 0,3% pour Orange dans son ensemble), soit 12,5% de son activité. Ainsi que 828 millions d'euros d'excédent brut d'exploitation (EBITDA, en anglais), soit 14% du total.

Enfin, la mise de fonds ne serait pas très élevée pour le groupe français : à la Bourse de Téhéran, MCI capitalise moins de quatre milliards d'euros, à compter les 36 milliards que pèse Orange sur la place de Paris.

EG


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  • ericlyon il y a 5 mois

    -2%, le marché n'a-t-il pas l'impression qu'orange s'est fait forcé la main par le gouvernement PS compte tenu des propos récent de Ségolène Royale ?