Orange is the new blues

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Pochette de l'album « Channel Orange », de Frank Ocean (2012).
Pochette de l'album « Channel Orange », de Frank Ocean (2012).

De Donald Trump à Kanye West, une rage orangée gagne l’Amérique. Peintres et cinéastes rappellent que c’est la couleur qui énerve le plus la rétine.

Plusieurs centimètres de toile, mangés par de grands aplats orange. A première vue, le tableau semble un cousin chromatique des peintures que Mark Rothko ou Lucio Fontana réalisaient, par dizaines, à la même période, dans des teintes voisines. A le regarder de plus près, cependant, de fines silhouettes blanches se détachent du fond orangé. Deux groupes se tiennent face à face : des policiers, à droite, font feu sur des manifestants, à gauche. Au milieu, un homme gît à terre. Sans titre, l’œuvre est exposée jusqu’au 15 janvier au Musée du quai Branly, à Paris, dans le cadre de l’exposition « The Color Line », qui retrace l’histoire de la ségrégation raciale aux Etats-Unis.

Elle a été peinte en 1968 par l’artiste afro-américain Norman Lewis (1909-1979). Elle pourrait tout aussi bien avoir été conçue en 2016, tant le temps, aujourd’hui plus encore qu’hier, est à l’orange. Il ne s’agit pas là d’un ton de saison, qui s’envolerait en même temps que les feuilles mortes, mais d’une tâche tenace, équitablement étalée : orange est la rage américaine, de quelque endroit qu’elle éclate.

« Ceinture de la rouille » Voyez, à ma droite, Donald Trump, face rubiconde, faconde clownesque, blondeur pétaradante : le président-élu des Etats-Unis a su accorder le jaspe de ses casquettes à un vaste nuancier courroucé, de la Floride à la « ceinture de la rouille » (« rust belt »), ainsi qu’on surnomme les régions sidérurgiques du Midwest, qui ont joué un rôlé clé dans son élection. Car, bien que ...

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