Opération de la justice turque contre le quotidien Cumhuriyet

le , mis à jour à 13:04
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 (Actualisé avec communiqué de Cumhuriyet) 
    ISTANBUL, 31 octobre (Reuters) - La police turque a procédé 
lundi à l'arrestation d'une douzaine de membres du personnel du 
quotidien d'opposition Cumhuriyet, dont son rédacteur en chef, 
accusés de crimes commis au nom des séparatistes kurdes et du 
réseau du prédicateur Fethullah Gülen, présenté par Ankara comme 
l'instigateur de la tentative de coup d'Etat du 15 juillet. 
    Dans un communiqué, le bureau des procureurs d'Istanbul 
précise que l'enquête a été ouverte en août à la suite de la 
publication d'articles potentiellement de nature à légitimer 
l'action des putschistes. 
    Sur son site internet, le quotidien indique que douze de ses 
salariés ont été arrêtés et précise que les ordinateurs 
portables de plusieurs d'entre eux ont été saisis à leur 
domicile.  
    Le rédacteur en chef du journal, Murat Sabuncu, a été arrêté 
et les logements des dirigeants et rédacteurs du journal ont été 
visés par des perquisitions, avaient rapporté plus tôt dans la 
matinée la chaîne CNN Türk et d'autres médias. 
    D'après CNN Türk, les procureurs ont délivré des mandats 
d'arrêt à l'encontre de treize journalistes et cadres du 
quotidien d'opposition, y compris Murat Sabuncu et le président 
du journal. 
    Le prédécesseur de Sabuncu à la rédaction en chef du 
journal, Can Dündar, a été condamné à cinq ans et dix mois de 
prison pour divulgation de secrets d'Etat pour avoir publié une 
vidéo montrant, selon le journal, une unité des services de 
renseignement turcs acheminant des armes par camions vers la 
Syrie en 2014. 
    Le journaliste a fui son pays après sa condamnation, 
dénoncée par des organisations de défense des droits de l'homme. 
"La Turquie est devenue la plus grande prison de journalistes au 
monde", a-t-il déclaré la semaine dernière à Strasbourg, où le 
Parlement européen a dénoncé les atteintes à la liberté de la 
presse en Turquie et affirmé que la tentative de coup d'Etat ne 
devait pas servir de prétexte à un recul des droits 
démocratiques.   
 
 (Humeyra Pamuk et Daren Butler; Nicolas Delame, Henri-Pierre 
André et Jean-Philippe Lefief pour le service français) 
 
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