Opération coup de poing de Greenpeace au Tricastin

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DES MILITANTS DE GREENPEACE ONT PÉNÉTRÉ DANS LA CENTRALE DU TRICASTIN
DES MILITANTS DE GREENPEACE ONT PÉNÉTRÉ DANS LA CENTRALE DU TRICASTIN

PARIS (Reuters) - Des militants de Greenpeace ont pénétré lundi à l'aube sur le site de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme), dont ils demandent la fermeture, posant ainsi une nouvelle fois la question de la sécurité de ce type d'installation stratégique.

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henri Brandet, a fait état à la mi-journée de 29 interpellations après plusieurs heures d'intervention des gendarmes, notamment pour récupérer des intrus accrochés à des structures métalliques.

"La totalité des personnes identifiées ont été interpellées et placées en garde à vue mais nous continuons quand même à fouiller le site par précaution", a-t-il déclaré à Reuters.

Le ministère de l'Intérieur et EDF assurent que les militants de Greenpeace n'ont pas pénétré dans les zones les plus sensibles de la centrale, ce que conteste l'ONG.

"Si toucher physiquement l'enceinte d'un réacteur n'est pas être à un endroit sensible, je ne sais pas ce qui est sensible", a dit à Reuters Yannick Rousselet, chargé du dossier nucléaire pour Greenpeace France.

Entrés à 5h20 sur le site, les militants "ont atteint les réacteurs en 15 minutes", a dit dans un communiqué l'organisation écologiste, selon laquelle cette centrale nucléaire est l'une des "cinq plus dangereuses de France".

BANDEROLES ET PROJECTIONS

Selon Greenpeace, ces militants, qui ont déployé des banderoles, ont pris position sur "les structures de chargement des réacteurs N°1 et N°3". Une photo publiée par l'organisation montre une grande banderole tendue sur une structure métallique dressée contre l'enceinte de béton armé d'un réacteur.

"Tricastin, accident nucléaire" et "Président de la catastrophe?" lit-on sur cette banderole à côté de l'effigie de François Hollande. Avant le lever du jour, Greenpeace a aussi projeté sur le réacteur l'image d'une fissure et le slogan: "Tricastin accident nucléaire. Prêt à payer le prix?"

EDF a déclaré à Reuters que les militants de Greenpeace étaient à l'extérieur des zones sensibles.

"Le jeu du chat et de la souris ne prouve rien quant à la sécurité de nos installations", a déclaré lors d'une conférence de presse le directeur de la production nucléaire d'EDF, Philippe Sasseigne.

L'Autorité de sûreté nucléaire a estimé dans un communiqué que "l'événement", dont elle dit avoir été informée à 7h15, n'avait pas eu d'"impact sur la sûreté de l'installation".

"C'est une action médiatique mais qui ne représente pas de danger", a renchéri le porte-parole du ministère de l'Intérieur.

"Ce qui était important c'était que la détection soit très précoce, elle l'a été", a ajouté Pierre-Henry Brandet. "A partir du moment où on a su que c'était une action médiatique menée par Greenpeace, le danger a été évalué avec précision."

Mais Yannick Rousselet maintient que les militants de Greenpeace sont entrés dans le périmètre de sécurité nucléaire et ont pu toucher physiquement les enceintes de deux réacteurs.

"Nos militants sont arrivés au sas d'accès des pièces de grande dimension", a-t-il expliqué à Reuters. "Ce qui veut dire que des personnes avec de mauvaises intentions auraient pu porter atteinte à la sûreté des réacteurs."

Les ministres de l'Intérieur et de l'Ecologie, Manuel Valls et Philippe Martin, ont demandé un rapport d'inspection afin de comprendre et corriger ce qui a permis cette intrusion.

Ils ont également prôné un durcissement des sanctions pour ce type d'intrusion.

"ACTION CITOYENNE"

"Nous souhaitons que le classement de nos installations soit renforcé", a pour sa part déclaré Philippe Sasseigne. "C'est en discussion avec les services concernés du gouvernement."

Le sénateur écologiste Jean-Vincent Placé a pour sa part salué sur Europe 1 l'"action citoyenne" de Greenpeace. "Cela montre qu'on rentre dans ces centrales extrêmement dangereuses un peu comme dans une passoire", a-t-il dit.

Selon Yannick Rousselet, le message était cette fois surtout adressé au chef de l'Etat, en plein débat sur la transition énergétique.

L'annonce de la fermeture de la centrale de Fessenheim, en Alsace, ne suffit pas, fait-il valoir: "Celle de Tricastin, à quelques mois près, a le même âge que Fessenheim. Elle est située dans une zone sismique et inondable", a-t-il ajouté.

Selon Greenpeace, la cuve du réacteur N°1 présente en outre "une vingtaine de fissures".

"Si François Hollande veut tenir sa promesse de réduire la part du nucléaire (dans la production électrique française) à 50% d'ici 2025, cela passe par la fermeture d'au moins dix réacteurs d'ici 2017 et 20 réacteurs d'ici 2020", ajoute l'organisation dans son communiqué.

Outre Fessenheim et Tricastin, Yannick Rousselet cite les centrales de Gravelines (Nord), Bugey (Ain) et du Blayais (Gironde) parmi celles qui devraient être fermées en priorité.

Emmanuel Jarry et Natalie Huet, avec Marion Douet, édité par Yves Clarisse

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  • jfvl le lundi 15 juil 2013 à 16:47

    "A vaincre sans péril on triomphe sans gloire" !

  • M7446365 le lundi 15 juil 2013 à 15:27

    rien qu'en avançant le cout plus faible de l’électricité issue du nécleaire et la domination de la France sur le sujet.... nous donne un paquet de petit cerveau a defendre cette mer.. Lobotomie quand tu nous tient!!!

  • glbt38 le lundi 15 juil 2013 à 14:53

    Il faut tirer sans hésiter, sinon des terroristes déguisés en militants greenpeace pourront un jour accéder à l'enceinte du réacteur avec d'autres desseins. Il faut prévenir et la prochaîne fois tirer sans hésiter par souci de sécurité évident.

  • M1765517 le lundi 15 juil 2013 à 14:05

    Qu' on les fasse rentrer à l'intérieur du réacteur si c'est ce qu'ils veulent !

  • bobded le lundi 15 juil 2013 à 11:56

    Le danger c'est que cela peut donner des idées a des téroristes, lamentable de leurs part et lamentable que cela soit aussi façile, on attends donc la cata pour protéger les centrales---encore LAMENTABLE

  • gnapi le lundi 15 juil 2013 à 11:08

    Bref, l'écologie en France est restée peace & love - anarchie libertaire sans réel souci pour la planète.

  • gnapi le lundi 15 juil 2013 à 11:07

    Les gaz de schistes, c'est un peu le nucléaire des années 60 ou le gaz de Lacq des années 50. Il ne faut surtout pas aller voir. Même grace au passé qui nous apprend qu'il ne faut pas y aller sans faire un minimum d'études pour éviter de polluer.

  • gnapi le lundi 15 juil 2013 à 11:05

    Bravo à nos pseudo écolo qui trouvent citoyen une action illégale. Très fort venant d'un député ... donc d'un législateur.L'écologie à la française c'est de mettre des banderoles sur une centrale et de faire l'autruche sur les gaz de schiste.

  • M608962 le lundi 15 juil 2013 à 10:55

    le moulin de la sécurité , heureusement et pour aujourd'hui , ce ne sont que des pacifistes en grand nombre ...

  • mperonne le lundi 15 juil 2013 à 10:54

    J'espère qu'ils vont les attraper vite et les mettre en taule comme le jeune de la manif pour tous pour atteinte à la sureté de l'état.